Culture - Editoriaux - Politique - Radio - Table - 19 octobre 2014

Pourquoi je suis candidate

Le SIEL a été le premier parti constitutif du Rassemblement Bleu Marine (RBM). Sa gracieuse goélette flotte depuis mars 2012 aux côtés de l’imposant navire amiral, premier fleuron désormais de la flotte politique française : le Front national.

Ce voisinage prestigieux n’est pas sans dangers. Par vent fort, il risque l’écrasement violent sur sa coque immense. De fait, nombre de ses passagers – depuis la forte houle que provoqua, dès le mois d’avril, la brouille entre son capitaine et la présidente du Front national – soit ont sauté du navire, soit ont fait bloc autour du capitaine désavoué, refusant de rallier le « second » du navire – Karim Ouchikh –, candidat a la succession d’un Président plus « sorti » que « sortant ».

Devant le danger imminent de submersion de ce frêle esquif devenu soudain « radeau de la Méduse », j’ai décidé de poser ma candidature à la présidence.

D’une part parce que, liée d’amitié avec les trois protagonistes, j’entendais rester « neutre » dans le conflit en cours, et d’autre part pour offrir aux adhérents du SIEL un véritable choix politique.

Karim Ouchikh, en effet, a été maire adjoint socialiste pendant 13 ans, de 1995 a 2008, à Gonesse, en charge de la Culture et des Finances et se réclame, politiquement, de Jean-Pierre Chevènement…

On peut penser que ce le fait d’être passé à la fois par les arcanes de la gestion socialiste d’une commune et par une gauche chevènementiste férocement laïcarde – on se souvient de la main aux fesses de Jeanne d’Arc sur la carte de vœux de Chevènement, alors ministre –, libertaire puisque à l’origine du contrat d’union civile, et favorable à l’essor de l’islam de France puisque initiateur du Conseil national du culte musulman, ne doit pas être en soi un viatique généralisé et obligatoire, ni le logiciel de référence unique du RBM.

D’autant que Bertrand Dutheil de La Rochère, conseiller laïcité de Marine, qui se réclame également de Chevènement dont il fut directeur de cabinet, a fondé au sein du RBM un autre parti – Patrie et Citoyenneté – censé représenter ce courant.

Mes écrits dans Boulevard Voltaire, Liberté politique, Causeur, Respublica Christiana ou Le Spectacle du Monde depuis 15 ans, mes émissions sur Radio Courtoisie depuis huit ans, ma signature parmi les personnalités réclamant le motu proprio qui a rendu aux chrétiens la beauté de la liturgie catholique romaine sont là pour prouver mon engagement.

J’ai même eu l’honneur, à la suite d’un texte vantant les charmes de la maternité, d’une dénonciation à l’officine du Nouvel ObservateurRue89 – par un militant LGBT qui a ensuite demandé mon éviction de Wikipédia afin de ruiner mon « e-réputation ». Ces blessures, bien réelles en termes de carrière, témoignent d’un vrai combat qui ne se limite pas à tenir un drapeau dans une manif…

Pour autant, j’ai conscience qu’en France la droite – ou présumée telle – a failli. Qu’elle exclut sans arrêt – et encore à la manif du dimanche 5 octobre – les plus courageux, ceux qui se mettent vraiment en danger pour défendre leurs convictions, dont les membres du Front national présents dimanche autour de Nicolas Bay, Marion Maréchal-Le Pen ou Stéphane Ravier.

Pas assez chic, le Front, juste admis à mettre son pied dans la porte et à regarder de loin les UMPistes monopoliser le micro et les caméras.

C’est pourquoi j’ai quitté sans états d’âme cette fausse droite, et que je ne tenterai aucune manœuvre en sous-main pour me rapprocher de ceux qui font tout, toujours et partout, à Bruxelles comme à Paris, pour faire trébucher Marine Le Pen, par peur sans doute de devenir invisibles derrière son aura grandissante.

Le Front, véritable parti populaire dirigé par un fils puis une petite-fille de marin-pêcheur, aime, tel Mao, envoyer ses intellos en rase campagne. C’est donc à la demande de Marine et de Steeve Briois, et nullement par ambition ou désir de notabilité, que j’ai osé, dans le bassin minier en 2012, puis à Aix-en-Provence où je suis élue depuis mars 2014, affronter le suffrage universel. Mais penseur du politique de formation et par vocation, je m’engage en parallèle à refaire du SIEL, après ce tragique intermède silencieux de six mois, le brillant agitateur d’idées qu’il fut et doit rester.

Commentaires fermés sur Pourquoi je suis candidate

À lire aussi

Le Philippe III ? Un gouvernement plutôt à l’ancienne…

Exit les « sociétés civiles » et autres facéties du Nouveau Monde... …