Décès de Dominique Venner

Le suicidé de Notre-Dame et le petit mec de nos jours

Écrivain et journaliste espagnol
El Manifiesto
 

Un homme nullement désespéré et qu’aucun malheur n’accablait ; un homme inquiet, certes, devant la déchéance des grands principes qui ont fait la grandeur de notre civilisation ; mais un homme qui y décelait « l’endormissement », non pas l’anéantissement de ces principes : voilà que cet homme – Dominique Venner – se donnait solennellement la mort, il y a un an, à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Pourquoi ?

Il l’a fait pour nous réveiller, pour secouer nos consciences « endormies », comme il disait. Il l’a fait pour porter témoignage devant tous et devant le grand Tout appelé monde – ou communauté, ou peuple, ou nation… Porter témoignage… Mais de quoi ? Porter témoignage de ce qui est le plus endormi, le plus répudié par l’Homo festivus de nos jours. Porter témoignage de l’attitude pour laquelle le « bien commun » – le bien de tous et du Tout – l’emporte face à la jouissance immédiate de chacun. Cette attitude qui, marquée par la grandeur, par la noblesse – par « l’héroïsme », disait-on aussi jadis –, représente le plus grand crachat jeté à la face du petit mec frileux de nos jours.

« Mon plaisir, mon bonheur, ma jouissance… ! Il sera plat et mesquin – avoue le petit mec –, mais il est mien. Rien d’autre n’est là, rien d’autre ne compte. » Il croit même être heureux, le malheureux ! Pourvu que la crise ne le harcèle pas trop, le petit mec s’imagine ravi, comblé… Les puissants lui ont fourré, certes, de telles idées dans la tête. Mais il y met du sien aussi. Il en rajoute même, pataugeant, tout content et guilleret, dans l’individualisme rampant de nos jours !

Si du moins les petits mecs étaient aussi individuellement différenciés qu’ils le prétendent… Or, ils sont les plus grégaires, les plus massivement uniformisés qui ont jamais marché sur terre. Si du moins ils connaissaient, comme ils le croient, la joie, le bonheur, la plénitude… Mais non ! Comment le pourraient-ils, voués à l’inanité où rien de grand ne pointe, où rien de beau n’étincelle ? Quelle gloire peuvent-ils connaître, enfermés dans la carapace de leur solitude ? Quelle plénitude peut envelopper l’homme le plus seul de tous ? Quelle joie peut connaître cette sorte de zombie qui, sans racines ni attaches, travaille, végète… et meurt ?

Rien ne rappellera nos pas sur terre. Ni exploits, ni héros, ni monuments, ni mémoire, ni beauté… Nous ne laisserons rien. Rien que des machines.

Et pourtant, même s’il est encore sourd, le malaise commence à grandir. Notre petit mec commence à se sentir de plus en plus seul et sans espoir.

Apportons-lui quelque espoir en essayant de lui dessiller les yeux face aux grands défis de notre temps. Ceux-là même pour lesquels s’est sacrifié Dominique Venner. Ceux-là même autour desquels se tiendra le Colloque « Dominique Venner, historien et écrivain au cœur rebelle » le samedi 17 mai, à 14 h 30, dans le grand amphithéâtre de la Maison de la Chimie, 28, rue Saint- Dominique, 75007 Paris.

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