Les barbares au pied du maître-autel

Administrateur civil, écrivain
 

Ça craque de tous côtés. Pas un jour sans une nouvelle qui ne raconte l’indignité et l’imbécillité données en exemple par des Français, assimilés ou non, chez eux ou à l’étranger. C’est l’université française face à un afflux de faux étudiants boursiers dont certains des prénoms révélés par la journaliste du Monde valent tout un programme ; c’est le consul de France à Sidney qui dénonce « le comportement provocateur et bruyant, l’alcoolisme, le manque de respect et les vols à l’étalage incessants » dont se rendent coupables les Français en Australie.

Une autre fois, c’est la détérioration abyssale des finances publiques que rien ne vient enrayer, l’effondrement de la compétitivité des entreprises que le gouvernement répare avec des rustines, le désastre des écoles où l’on forme des chômeurs et au mieux des illettrés, la misère des chercheurs, la fuite des cerveaux à l’étranger, la chute des investissements étrangers sur le territoire.

Sans parler des nocences qui suintent par tous les pores de la société : les brutalités des hordes sauvages venues des banlieues, les descentes des « sensibles » sur la ville pour la vandaliser et la rançonner, la violence au travail et en entreprise, les incivilités et la dureté des rapports quotidiens, le mal de vivre que l’on soigne à coup d’antidépresseurs, de drogues et d’addictions diverses et variées.

Et puis, le cynisme absolu des édiles, un Cahuzac qui plastronne, un Strauss-Kahn qui s’affiche avec sa grue sur les marches de Cannes, l’esprit ricaneur ou indigent qui triomphe de Canal Plus à France Inter en passant par France Télévisions.

Il y a encore quinze ans, les personnalités préférées des Français se nommaient l’abbé Pierre, Cousteau, Jean-Jacques Goldman et Sœur Emmanuelle. Depuis, ce sont Zidane, Jamel Debbouze, Yannick Noah et Omar Sy, signe de rupture civilisationnelle radicale qui vaut tout un programme… Un pays a les têtes d’affiche et les têtes à claques qu’il mérite.

N’en déplaise aux souverainistes et patriotes français de tous bords, que ce soit par contamination ou osmose avec les conquérants revanchards venus d’Afrique ou avec leurs hôtes serviles qui disent merci parce que l’on se sert d’eux comme marchepied, la barbarie a saisi un peuple tout entier, à l’image de l’Italie romaine et de sa civilisation sombrant sous l’assaut des Lombards.

Bienvenue dans la France barbare, incivile, violente, mal élevée, déculturée. La France est en avance dans le processus de Grand Remplacement, la France montre le chemin à l’Occident. Cela réconfortera l’esprit gallican toujours prompt à se hausser du col. Le suicide de Dominique Venner au pied du maître-autel de Notre-Dame montre cependant exactement là où nous en sommes : aux derniers retranchements.

La civilisation française n’est pas seulement à bout de souffle, ce sont des pans entiers de son décor de carton-pâte qui s’effondrent sous les yeux de ceux qui, comme moi, ne se reconnaissaient plus dans le pays où ils sont nés et ont choisi d’en partir, préférant l’exil à la honte et l’indignité. On ne voit déjà que ruines ou réminiscences muséifiées de l’esprit, du savoir-vivre, des belles manières françaises. Encore un effort, messieurs les barbares, il reste quelques citadelles à brûler, ces beaux vignobles millénaires échappés à votre fureur, les œuvres dernières du génie français que vous avez épargnées.

Comme Ernst Jünger, au seuil des falaises de marbre, on se dit qu’une civilisation qui ne peut se défendre et ne croit plus en ses propres valeurs ne mérite pas d’exister et doit en passer par le feu purificateur. Une fois nettoyées la pestilence et l’ordure qui subsistent et disparus les amis du désastre et les apôtres de la barbarie, il se peut, mais ensuite seulement, que vous puissiez reconstruire sur les chicots fumants quelque chose de la noblesse et de la beauté d’antan.

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