Les pires racailles ne sont pas en Seine-Saint-Denis mais dans le XVIe ?

 

Il y a, dans notre service audiovisuel public, une constance : la pensée monochrome tirant sur le rouge. Le prototype le plus abouti est sans conteste « La Matinale » de France Inter, où officie la quintessence de l’entre-soi idéologique. Ici, tout ce qui n’est pas à gauche fleure bon l’extrême droite, cet anathème convenu, si bien qu’un bien tiède représentant de l’UDI peut se voir rapidement estampillé réactionnaire.
 
Leur numéro de clown nord-coréen est si bien huilé que, sous quelque forme que ce soit (débat, chronique, billet, humour), un gauchisme latent prévaut, niant par là même cette pensée pluraliste qui devrait régner sur un service dit public. Faut-il rappeler à nos Cohen, Legrand, Haram, Vanhoenacker […] que leurs émoluments sont payés par les contribuables, en particulier par les 20 % des foyers les plus imposés supportant 75 % des rentrées fiscales qui, à l’exception de cette gauche caviar que le monde nous envie, goûtent certainement peu aux discours crypto-marxistes à l’heure du réveil ? Le seul point positif de cette matinale est la quasi-absence de plage publicitaire, ce gros mot capitaliste, celle-ci étant financée par une redevance pouvant servir au choix à couvrir les frais de production des émissions, les notes de taxi des dirigeants ou la rénovation des boiseries en palissandre du bureau du jeune président.
 
Le summum a certainement été atteint le 17 mars 2016 à l’occasion de l’édito politique  du prince des bobos, le chroniqueur Thomas Legrand. Évoquant les vives réactions de riverains suite à la décision unilatérale de la mairie de Paris d’implanter un camp de migrants au pied d’immeubles de standing du XVIe arrondissement de Paris sur une zone inconstructible, notre Torquemada à quinoa solidaire déclare sans ciller que « les pires racailles ne se trouvent pas en Seine-Saint-Denis mais dans le XVIe«  (sic). Cette fable est du pain béni pour cette pravda radiophonique, tant l’équation est simple à comprendre pour le quidam, fût-il de gauche : les salauds de riches égoïstes des beaux quartiers ne veulent pas de pauvres sous leur fenêtre.
 
La nuance ne prévalant pas sur cette antenne, il serait bon de rappeler que ce projet imposé par la majorité municipale rose-verte-rouge, sans concertation avec les habitants, prévoit d’installer une construction modulaire de 200 m de long sur une zone non constructible, bafouant par là même les règles élémentaires de droit public. Faut-il blâmer les propriétaires limitrophes dont la valeur du bien va inexorablement s’écrouler ? Aurait-il échappé à Toto le petit chroniqueur que la mairie du XVIe a proposé des solutions alternatives au nom du principe de solidarité auquel de très nombreux habitants de cet arrondissement sont attachés par l’intermédiaire de leurs engagements associatifs (Secours catholique, Ordre de Malte, Œuvre d’Orient, Croix-Rouge, Emmaüs). Rendez-vous compte, chez d’infréquentables électeurs de droite… on peut être privilégié sans être insensible à la détresse sociale !
 
Tous les Thomas Legrand, ces bobos béats de « La Matinale », n’ont pas cette conception démocratique lorsque deux étudiants boutonneux et trois syndicats moustachus s’opposent à un projet de loi dite « du travail » invitant à la discussion, à la correction et à l’amendement. Ce qui est valable pour les « camarades » n’est visiblement pas valable  pour les « racailles » à mocassin à pompon qui n’ont pas le bon goût de voter pour le camp du bien.

Que notre donneur de leçons, pour son hygiène mentale, suggère donc au Comité d’hygiène et de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de Radio France de délocaliser la station radiophonique implantée paradoxalement au cœur de l’invivable XVIe vers un endroit moins « racaillisé ».

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