10 juillet 2014

Ils souhaitent maintenant… « la victoire de l’Allemagne »

Deutschland über alles, in der Welt ! Je l’avais modestement pronostiqué ici même, il y a une semaine, volontairement provocateur, en rappelant que ces paroles, dorénavant censurées de l’hymne national allemand, se vérifiaient presque inéluctablement urbi et orbi in der Welt.

La presse allemande en tout cas a le succès plutôt tranquille ! Elle a salué hier de manière relativement sobre la demi-finale historique remportée par son équipe nationale face au Brésil : « 7:1 Il n’y a pas de mots ! » titrait le quotidien populaire Bild , alors que le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung se projetait déjà, « dans l’ivresse vers Rio ». Le Spiegel saluait pour sa part « le hourra-football, les records qui pleuvent, alors que les rêves du pays hôte se diluent dans les larmes ».Enfin plus pragmatique, mais sûr du succès de sa Mannschaft de fer, le journal Die Welt ne se posait guère de questions métaphysiques quant au futur finaliste: « Argentine, les Pays-Bas? Peu importe! L’Allemagne est le favori »

Et elle l’est, pour une raison simple que rappelait hier son sélectionneur, Joachim Löw, qui affichait la même force tranquille, le même ton zen qu’après l’insipide quart de finale face aux Bleus au Maracana : « On a affronté avec calme et ordre la profonde émotion et la passion des Brésiliens. On s’était dit que si nous étions courageux et conscients de nos propres forces, nous allions gagner ce match ».Certes le résultat final de cette Coupe du monde un peu folle n’est pas joué d’avance, mais peu de commentateurs franchouillards donnaient cher il y a encore une semaine des chances de l’Allemagne…

Aujourd’hui ces nouveaux « collaborateurs » de la dernière heure ne jurent que par les exploits de la Mannschaft, souhaitant comme Pierre Laval « la victoire de l’Allemagne ». Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent…, avait coutume de dire Edgar Faure de ses amis politiques. Ces mêmes exégètes du ballon qui pensent en rond – je préfère quant à moi cogiter en Ovalie – supporteront peut-être demain l’Argentine ou les Pays-Bas, comme ils supporteraient le Zimbabwe ou les Iroquois, histoire de ne pas être en reste.

Mais si l’Allemagne gagne, soyons sûrs que les superlatifs pleuvront comme à Gravelotte, comme des grêlons sur le vignoble bourguignon, après une ultime éclaircie qui relativise déjà – il fallait le faire – la défaite de nos Bleus. Après tout, nos vaillants « Brésiliens » à nous, n’ont perdu que d’un seul but… Et puis, ils gagneront la Coupe d’Europe, c’est sûr, à moins que l’Allemagne…

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