Editoriaux - Télévision - 6 novembre 2017

Ma sœur , ma sœur, ne vois-tu rien venir ?

Marlène Schiappa veut effacer l’image de « sex symbol » que l’opinion s’était forgée d’elle depuis ses écrits de jeunesse.

Elle a donc abandonné les abondants cheveux bouclés lâchés façon pasionaria pour le chignon sage de la maîtresse d’école version années soixante. Cela lui donne sans conteste une respectabilité qui facilite sa mission : soutirer à Bercy 15 millions d’euros pour les associations promouvant l’égalité hommes/femmes via le repérage et la sanction de comportements sexistes (harcèlement sexuel au travail et harcèlement de rue).

Mais, on l’a vu dimanche soir à la télévision, la maîtresse d’école n’a pas renoncé à séduire. Grandes boucles d’oreilles façon gitane, rouge à lèvres d’un rouge très vif, maquillage de star… Tout est là : se parer pour être une femme désirable, mais imposer le « Pas touche, pas parle, pas regarde » aux hommes. Une sorte de supplice de Tantale légal, général et républicain.

On pourra donc remiser jupes plissées, talons plats et chemisiers boutonnés jusqu’en haut, et virevolter en short ou pantalon ultra-moulant sur des talons aiguilles, les seins à moitié découverts sans risquer le regard salace, le compliment libidineux ou la main aux fesses.

Tant mieux, tant mieux. Tant pis pour les fabricants de jupes et de chemisiers. Après tout, les fabricants de ceintures de chasteté ont bien été, eux aussi, un jour obligés de fermer boutique…

Mais pourquoi, d’un même mouvement, ne pas provoquer définitivement, en France, la faillite des fabricants de burqa, de burqini, de niqab ? Car le risque est bien de voir des hommes conditionnés à l’invisibilité féminine et, de ce fait, peu aptes à résister à la tentation soutien-gorge plongeant short talons aiguilles, contrevenir à l’interdit républicain comme ils résistent à l’interdiction républicaine des prières de rue sexistes car réservées aux hommes.

De ce fait, je crains, Madame le Ministre et chère Marlène, que, derrière vos sages paroles, certains, comme en fond sonore, n’entendent la voix d’une autre Marlène « Ich will einen Mann, einen richtigen Mann », et que les « harceleurs de rue » n’aient pas le temps de réciter le « Notre Père » avant de céder à la tentation virile quadrimillénaire d’exprimer tactilement ou verbalement leur admiration de marques extérieures de féminité aussi ostentatoires.

Je crains aussi que, dans certains quartiers, les femmes soient enclines à goûter cette « sororité » nouvelle – dont vous vantez à juste titre le charme -, planquées derrière leur ordinateur, plutôt que de risquer une conversation à la terrasse d’un café. Ou alors il leur faudra une sœur Anne à laquelle, entre chaque bouffée de cigarette et gorgée de café brûlant, elles demanderont « Ma sœur, ma sœur, ne vois-tu rien venir ? »

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