Sissi, dernier rempart pour protéger les chrétiens d’Égypte

Alors que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi rencontrait son homologue français ce mardi 24 octobre à Paris, plusieurs ONG ont dénoncé son bilan en matière de droits de l’homme. S’il est vrai que la répression contre les Frères musulmans est particulièrement brutale, Al-Sissi est surtout le garant de l’unité égyptienne, de la lutte contre les islamistes et constitue le dernier rempart derrière lequel les chrétiens d’Orient, et en premier lieu les coptes, peuvent panser leurs plaies après des années particulièrement sanglantes.

Arrivé au pouvoir en 2013 en chassant les islamistes des Frères musulmans qui étaient alors à la tête de l’État, Sissi tente de préserver les institutions héritées de l’époque de Nasser et mène une lutte implacable contre l’islam radical et toutes ses ramifications dans la société : partis politiques, groupes armés, associations… Car si l’armée et l’État restent forts en Égypte, c’est bien parce qu’ils représentent les seules entités à pouvoir résister et vaincre les terroristes qui commettent régulièrement des attaques contre les forces de l’ordre et tous ceux qu’ils considèrent être des apostats.

Sans surprise, les coptes, minorité chrétienne présente en Égypte depuis les premiers temps du christianisme, paient un lourd tribut. Descendants des Égyptiens de l’Antiquité convertis au message des Évangiles, ils ont rapidement été minoritaires sur leur terre après les grandes invasions arabo-musulmanes du VIIe siècle. L’islam leur a alors accordé le statut de dhimmi, qui protège en échange de certains impôts et d’un statut social inférieur. Les périodes de répression et de relative tolérance se sont succédé, mais depuis plusieurs décennies, leur part dans la population globale égyptienne ne cesse de se réduire : exil, marginalisation, attaques terroristes, conversions plus ou moins forcées… Une situation qui a atteint son paroxysme en 2012 avec l’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans et de leur chef, Mohamed Morsi. Quelques mois durant lesquels le nombre des violences commises contre les coptes et leurs églises a explosé.

Combien sont-ils aujourd’hui ? Entre 6 % et 15 % de la population égyptienne (de 90 millions d’habitants), selon les sources. Mais comme leurs coreligionnaires de Syrie ou d’Irak, ils craignent de disparaître.

A contrario, l’ascension d’Al-Sissi ouvre une ère de protection renforcée pour les chrétiens d’Orient, même si ces derniers sont toujours la cible des islamistes. Un ennemi commun au président et aux coptes, mais aussi à tous les Égyptiens. Certaines églises détruites sous le régime Morsi ont été reconstruites avec l’aide de l’armée et Al-Sissi s’est rendu plusieurs fois dans des lieux de culte copte afin d’afficher son soutien à une minorité qui a vu les premiers personnages du Nouveau Testament fouler son sol (Jésus, Marie, Joseph…). Le nouveau président égyptien rappelle régulièrement dans ses discours que l’identité nationale égyptienne est inséparable de sa minorité chrétienne.

La sécurité des coptes est si importante pour le régime que trois mois d’état d’urgence ont été déclarés après un double attentat qui a visé la communauté et qui a fait 44 victimes en avril 2017. Les chrétiens voient à juste titre un protecteur en la personne d’Al-Sissi et ont conscience qu’un retour de balancier pourrait signifier la fin de leur présence deux fois millénaire en Égypte.

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