1 juillet 2018

Simone Veil au secours d’Emmanuel Macron face aux vents mauvais populistes

Simone Veil est une icône. C’est comme ça. Tout ce qu’elle a touché est désormais sacré. Elle ne voulait pas être séparée de son mari, volonté, du reste, tout à fait légitime ? Qu’à cela ne tienne, on fait entrer au Panthéon son époux, qui ne méritait sans doute pas tant d’honneurs, tout honorable qu’a été cet homme. Les méchantes langues diront que c’est une façon originale de rendre un hommage posthume au regroupement familial que Giscard d’Estaing mit en place en France. On pourrait d’ailleurs imaginer une loi qui établirait un délit – et pourquoi pas un crime – constitué par le simple fait de dire, écrire, penser la moindre chose négative sur l’ancien ministre de Giscard d’Estaing et Chirac.

Simone Veil est une icône. D’une certaine façon, même pour les défenseurs de la famille traditionnelle. Ne participa-t-elle pas, le 13 janvier 2013, accompagnée de son mari, à une manifestation contre le mariage homosexuel, portant même un petit drapeau de la Manif pour tous. La photo fit alors le tour des réseaux sociaux. « Un véritable séisme », « une infamie », n’avait pas hésité à écrire, dans L’Obs, Yves Delahaie, enseignant et essayiste, ancien du MoDem, dans un papier particulièrement virulent publié deux jours après cette apparition. À l’époque, l’entourage de l’ancien ministre avait voulu relativiser les choses en déclarant que ce geste ne valait pas adhésion mais exprimait les réserves de Simone Veil à l’égard de l’ouverture du droit à l’adoption des couples homosexuels.

Simone Veil est une icône et, donc, nous ne nous hasarderons pas à remettre en cause son entrée au Panthéon. Selon Emmanuel Macron, avec Simone Veil, ce sont des générations de femmes qui entrent aujourd’hui au Panthéon. Évidemment, on n’imagine bien que le président de la République, en prononçant ces mots, ne pensait pas à ces centaines de milliers de petites filles tuées dans le ventre de leur mère depuis 1975. Leur place n’est pas au Panthéon, on l’avait bien compris.

Mais fallait-il que le Président, en évoquant la déportation de Simone Veil, fasse allusion à la situation politique actuelle en parlant des « vents mauvais » qui se lèveraient actuellement en Europe ? Allusion évidente et lourde à la levée des populismes. Oui, parce qu’une panthéonisation n’est rien d’autre que l’occasion de faire de la politique. Et Emmanuel Macron, qui n’avait jamais fait de politique avant 2012, a vite appris. Il fait de la politique. Et l’homme du « nouveau monde » qu’il prétend être n’hésite pas à utiliser les vieux pots les plus frelatés, ceux qui permirent à la gauche, des décennies durant, de faire sa tambouille. « Le nationalisme, c’est la guerre » et toutes ces sortes de choses…

Effectivement, un vent semble se lever actuellement en Europe. Il n’est sans doute pas très bon pour Emmanuel Macron. Redescendons quelques instants de la colline Sainte-Geneviève pour faire un tour dans les catacombes sondagières : si les élections européennes avaient lieu demain, La République en marche ne pèserait plus que 23 % quand le Rassemblement national serait à 19 %, Debout la France à 6 % et les LR à 15 %. Pas de quoi pavoiser pour le tenant du « nouveau monde ».

Emmanuel Macron, qui aime visiblement la poésie, devrait lire, relire, méditer le poème de Verlaine :
« Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte. »

Simone Veil est une icône. Pour faire tomber le vent, les cierges ne suffiront peut-être pas à Emmanuel Macron.

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