Cologne : l’aveuglement de Rokhaya Diallo

Nouvelliste.
 

Dans Libération du 25 février, Rokhaya Diallo aborde les violences faites aux femmes dans un papier intitulé « Après Cologne, interroger les sources de la violence sexuelle ». C’est un peu comme dire : après le Bataclan, interroger les sources de « la violence religieuse » – ce qui annonce la couleur.

De fait, nous n’en apprendrons pas plus sur ces fameuses « sources », si ce n’est qu’elles sont « multiples », que « la violence contre les femmes n’est pas l’apanage d’un groupe », que « la lutte contre le sexisme ne peut qu’aller de pair avec le combat antiraciste » et que « toutes les formes de sexisme […] doivent être punies ». Ritournelle sémantique possédant sa part de vérité, mais rappelant néanmoins celle du combat contre « tous les extrêmes » : cela évite d’avoir à nommer la nature spécifique de certains d’entre eux, lorsque cela dérange.

Selon cette logique, les stages de « déradicalisation » devraient, en effet, concerner indifféremment catholiques, juifs et musulmans. L’auteur s’élève contre la récupération raciste des faits par ceux désignant « les origines ethniques et géographiques des agresseurs » ainsi que « le monde arabo-musulman ». Qu’importe à madame Diallo si, par exemple, dans le domaine des traites esclavagistes, cette logique a largement prévalu, et ce, au plus grand bénéfice des compagnons d’infortune arabes (complicité victimaire), considérant qu’une seule, parmi les trois traites majeures (interne, arabe-musulmane, atlantique) mérita d’être soulignée. En l’occurrence celle pratiquée par les « Blancs européens » (origine ethnique et géographique des agresseurs).

Fi, donc, de la dénonciation de « tous les esclavages », mais sus à « tous les sexismes ». L’auteur reconnaît, cependant, que « l’horreur […] a frappé un incroyable nombre de femmes victimes d’une série d’agressions sexuelles perpétrées en pleine rue à Cologne » et parle « d’agressions d’une ampleur rarement vue », omettant de préciser que le mode opératoire, également, avait été rarement – si ce n’est jamais – vu en Europe.

Et pour cause : il était, à ce jour, spécifique à certains pays du Moyen-Orient. « Le harcèlement sexuel collectif est connu dans les pays arabes sous le terme de “taharrush gamea”. Il semble avoir été utilisé pour la première fois de façon intentionnelle en 2005 par la police égyptienne ayant engagé des voyous pour tenter de rabaisser l’image de manifestants en les humiliant. C’est plus tard, vers 2011 et la révolution égyptienne, que cette technique s’est sophistiquée et a intégré l’isolement des femmes par la formation d’un anneau d’hommes autour d’elles, qui les isolaient et les entraînaient pour les agresser ou les violer » (AgoraVox, 16 janvier 2016).

Il s’agit d’un produit d’importation lié à des mouvements migratoires récents, voilà ce que madame Diallo nous interdit de voir et de formuler. Tout en regrettant que « les victimes de Cologne » n’aient pas été « au centre des débats », elle ne s’offusque nullement – dans l’article, du moins – de l’exécrable tartufferie d’Henriette Reker, la bourgmestre de Cologne, invitant les femmes en général, et donc les victimes en particulier, à adapter leur comportement, ni du fait que les autorités aient eu une attitude pour le moins équivoque en cherchant à minimiser, voire à étouffer, ces « violences d’une ampleur rarement vue » faites aux femmes. Les paradoxes du féminisme antiraciste.

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