Le SIEL, un parti de synergies…

Entretien réalisé par Gabriel Robin

Karim Ouchikh, vous êtes le conseiller de Marine Le Pen pour les questions se rapportant à la culture et à la francophonie. Vous êtes aussi l’avocat de Renaud Camus. Aujourd’hui conseiller municipal de la ville de Gonesse dans le Val-d’Oise, et président exécutif du SIEL, vous vous présentez devant les militants de votre parti afin d’en briguer la présidence. Pouvez-vous nous présenter le contexte de ces élections ?

Le SIEL (Souveraineté, Indépendance et Libertés), dont je suis le cofondateur et le président exécutif, est un parti indépendant qui a été créé en 2012 avec l’ambition explicite d’apporter un soutien politique durable à Marine Le Pen : après avoir participé, aux côtés du FN, aux élections législatives de 2012, puis municipales et européennes de 2014, le SIEL entend à nouveau apporter son concours actif aux prochaines élections départementales et régionales de 2015, en attendant la présidentielle de 2017 et de probables élections législatives anticipées.

Le SIEL n’est pas un parti de masse et n’a pas l’ambition à le devenir, en tout cas pas à mes yeux : cette formation politique inédite cherche avant tout à créer des synergies, au plan national comme dans les départements, avec notre principal partenaire – le FN – mais aussi avec tous les autres acteurs du Rassemblement Bleu Marine (Patrie et Citoyenneté, les collectifs catégoriels…), en mettant à disposition nos réseaux et en offrant des débouchés politiques aux nombreux talents qui sont en quête d’engagements actifs pour le bien de notre pays (« notables locaux », professions libérales, artisans, commerçants, chefs d’entreprise, enseignants, professeurs d’université, hauts fonctionnaires…).

Le SIEL n’est pas davantage un « think tank » qui serait marqué à droite : c’est un parti politique à part entière, prêt à concourir à tous les scrutins, qui s’applique à développer une pensée originale constamment tournée vers l’action. En bref, partageant avec Marine Le Pen un même constat de l’état de décadence actuelle de la société française et s’accordant avec elle sur les moyens d’y remédier, le SIEL aspire à renforcer partout les forces marinistes.

Qu’est-ce qui a motivé votre engagement politique avec Marine Le Pen et le SIEL ?

Mon itinéraire politique a débuté à gauche, plus précisément au sein de cette gauche patriote qui s’est reconnue et rassemblée autour de la personne de Jean-Pierre Chevènement, pour qui j’éprouve encore une admiration intellectuelle certaine. Entre 1995 et 2008, j’ai participé en qualité de maire adjoint (finances, culture…) à la gestion de la ville de Gonesse, une commune du Val-d’Oise de près de 30.000 habitants, dirigée jusqu’à présent par une municipalité socialiste : progressivement, durant cette période, j’ai pris conscience, comme beaucoup de Français, que la gauche avait trahi la nation et oublié le peuple, dérives qui m’ont conduit à m’éloigner peu à peu de ma famille politique d’origine, avant de rompre avec elle à l’occasion de l’affaire européenne : en adoptant délibérément, en février 2008, par voie parlementaire, avec les forces de l’UMP, un traité européen qui avait été pourtant massivement rejeté deux ans plus tôt par les Français lors du référendum de mai 2005, le PS avait franchi pour moi un Rubicon historique.

Considérant, depuis cette époque, que l’affaire européenne constitue la véritable ligne de partage des eaux de la vie politique française, j’ai rejoint les rangs de ceux qui refusent, dans un même élan patriotique, d’emprunter le chemin du renoncement tracé par l’UMPS : l’intégration accélérée de la France dans l’Union européenne, cet ensemble anonyme, uniforme et autoritaire qui condamne mécaniquement notre pays – avec son alignement systématique à l’OTAN et ses accommodements permanents à l’idéologie libérale-libertaire – à sortir tôt ou tard de l’Histoire.

Mon engagement public aux côtés de Marine Le Pen n’a pas toujours été facile à défendre, dans mon entourage relationnel comme parmi mes proches, mais j’assume ce choix politique avec fierté, considérant que le combat pour la France est le seul qui vaille d’être mené en ces temps troublés. Le catholique romain que je suis devenu trouve aussi dans la foi les ressources et l’énergie qui me permettent de consolider toujours plus mes convictions politiques et aussi de prendre à chaque instant la mesure du devoir qui pèse sur chacun de nous : celui de préserver intacts les traits culturels homogènes de notre civilisation admirable, perpétuellement menacée par les mutations de ce temps.

Quel est votre projet pour le SIEL et quelle place celui-ci occupera-t-il dans le Rassemblement Bleu Marine ?

Par ma candidature à la présidence du SIEL, le 25 octobre 2014, je veux être le garant de l’indépendance politique et de la singularité idéologique de notre formation politique, en demeurant fidèle à la personne et au projet politique global de Marine Le Pen. En me désignant à sa direction, le SIEL ne sera jamais un parti UMP-compatible ou une formation politique tentée de rallier un quelconque rassemblement patriotique alternatif au RBM ; avec nos adhérents et sympathisants, je suis déterminé à faire du SIEL une force politique attractive, capable de nourrir idéologiquement le programme présidentiel de Marine Le Pen, mais aussi à contribuer à doter le Rassemblement Bleu Marine d’une culture de gouvernement et d’un personnel d’État propres à permettre à notre famille de pensée de conduire enfin les affaires du pays en 2017.

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