28 juin 2018

Service national o-bli-ga-toire : non, mais tu rigoles, Manu ?

Étonnant, cette histoire de service militaire nouvelle formule. C’est pour un mois, mais fractionné. On pourra ne pas dormir sur place, éventuellement ; c’est surtout qu’on risque de ne pas avoir les structures appropriées. Il y aura des cours et des apprentissages, mais on n’a pas encore le personnel nécessaire. Bref, sous des annonces martiales, on se réserve la possibilité d’aménager, afin de ne pas froisser les susceptibilités, et des susceptibilités, il y en aura. Emmanuel, qui n’a pas d’enfant, va découvrir l’insupportable vérité : les enfants de 2018, très majoritairement, ça n’obéit pas, surtout pas à un adulte, ça ne supporte aucune contrainte et quand ça a décidé de ne pas faire quelque chose, il peut y avoir une guerre thermonucléaire, ça ne le fera pas. Pourquoi ? Parce que la seule contrainte susceptible de faire obéir est la contrainte physique et c’est interdit, ce que les gamins savent parfaitement et leurs parents aussi.

Éventuellement, il y aura la suppression des allocations pour les parents des récalcitrants, mais ça ne se fera pas non plus. Plus prosaïquement, il y aura les menus halal, vegan, avec ou sans allergies, les heures de prière, les dortoirs avec et sans mécréants, avec ou sans mes copains, avec voile ou sans voile, les activités que je veux et celles dont je ne veux pas et personne ne calera, car chacun saura pertinemment que s’il ne cale pas, il finira par avoir gain de cause. On l’a vu avec les dégâts par dizaines de millions dans les facs, les avatars à Notre-Dame-des-Landes, ces déjà milliers de gamins qu’on n’arrive même pas à faire venir à l’école qui pourtant est obligatoire. Et l’État compte s’y prendre comment, pour aller chercher les réfractaires au fin fond des cités ? Il compte comment, mettre untel et untel au boulot civique dans une association où il n’aura pas envie d’aller, parce que ça ne correspond pas à son désir ? Il compte faire comment, pour le sport et les cours de secourisme avec celles qui refuseront catégoriquement d’enlever le voile ?

Le représentant d’un syndicat de lycéens a déjà prévenu sur France Info : la composante « obligatoire », c’est carrément hors de question ; ceux qui veulent s’engager le peuvent, les autres, on n’ira pas. Le gouvernement verra ce que vivent les professeurs et les parents qui ont lentement enterré toute possibilité d’autorité sur des enfants habitués dès l’enfance, pour beaucoup, à exiger tout et n’importe quoi, avec violence éventuellement, et à obtenir gain de cause en toutes circonstances. Le gouvernement devrait se souvenir que, lors des dernières manifestations de jeunes gens, ils ne voulaient aucune sélection. Pire : ils voulaient 10/20 à leurs partiels minimum et la validation de leur année, travail ou pas travail. Bien sûr, pas tous, et pas tous avec la même force, et il y en a qui se prêteront à cette obligation de bonne grâce mais, justement, ce sera ceux pour qui ce genre d’initiation à la citoyenneté ne serait pas nécessaire. Pour les autres, il faudra céder et mesurer l’ampleur du changement depuis cette époque bénie où l’on pouvait demander aux garçons de donner une année de leur vie.

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