Editoriaux - Sport - Supplément - 18 juin 2018

La Serbie, outsider du Mondial qui rêve tant de faire tomber les grands

Les petites nations ne gagnent jamais le Mondial, à part l’Uruguay en 1930 et 1950. C’est un fait. Au regard des résultats observés ces derniers jours en Russie, cependant, on pourrait se dire que ce tournoi pourrait être celui de la revanche des petits. Évidemment, une hirondelle ne fait pas le printemps mais, parmi ces petites équipes qui ont dégagé une belle image ces derniers jours en Russie, celle de la Serbie présente un profil d’outsider sympathique sur lequel il est intéressant de se pencher.

En Serbie, le sport est roi et, pour une nation de sept millions d’habitants seulement, il est impressionnant de voir le nombre de disciplines où les « Orlovi » (sobriquet donné aux sportifs serbes, qui signifie « les Aigles ») règnent parmi les plus grands, que cela soit au tennis, en water-polo, aux sports de combat et, bien évidemment, en basket et au foot.

En plus de la passion pour le sport et le patriotisme chevillé au corps des Serbes qui expliquent leurs grands succès internationaux, les Serbes de ce Mondial peuvent se targuer d’avoir quelques raisons de rêver. Tout d’abord, cette équipe est composée pour partie de jeunes footballeurs qui ont gagné le Mondial de foot des moins de 20 ans en 2015 en Nouvelle-Zélande en battant le Brésil en finale. L’équipe est également composée de quelques stars qui évoluent dans de très grands clubs du championnat européen (Kolarov à l’AS Roma, Matić à Manchester United, Milinković-Savić à la Lazio, etc.) et dont l’expérience est précieuse dans ce genre de tournoi. Et, surtout, l’équipe a montré un mental très fort et une rage de vaincre, que cela soit en phase préliminaire, où elle a terminé première de son groupe, ou contre le Costa Rica dimanche dernier, où elle a gagné 1-0.

La poule des Serbes est une des plus difficiles de la compétition. Au classement mondial, le Brésil est 2e, la Suisse est 8e , le Costa Rica est 26e et la Serbie seulement 34e. Dire que la Serbie est loin de figurer parmi les favoris est un doux euphémisme, mais la victoire de dimanche sur le Costa Rica et le style de jeu montré sur le terrain démontrent que les Serbes ne sont pas venus en Russie pour faire de la figuration. Joker supplémentaire : les grands frères russes assurent aux Serbes le soutien populaire dans les gradins, et on sait à quel point le poids du douzième homme est important.

Alors, ne nous leurrons pas, la probabilité de victoire finale de la Serbie demeure infinitésimale et elle a encore le Brésil et la Suisse à battre pour espérer pouvoir continuer la compétition. Ca sera très dur. Si elle passe ce premier tour, en revanche, elle pourrait se mettre à rêver encore plus haut et plus loin aux cimes que seuls les aigles connaissent. Les petites nations européennes ne gagnent jamais le Mondial, c’est sûr, mais s’il y a bien une petite nation qui pourrait chambouler l’ordre établi, ça ne serait pas surprenant que cela soit la Serbie. Après tout, résister aux tout-puissants c’est un peu la marque de fabrique des Serbes.

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