Immigration & Diversité - Belgique

Un secrétaire d’État belge veut se défaire de sa double nationalité

Conseiller politique
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Dans la galerie de personnages parfois hauts en couleur que nous propose la classe politique, Zuhal Demir détonne. Armée d’une élégance peu commune dans le Landernau, assumant son côté « femme » mieux que les féministes modernes et portant des valeurs ancrées à droite, le secrétaire d’État à l’Égalité des chances dérange le sérail bien-pensant.

La représentante de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA, droite nationaliste flamande) entend aujourd’hui se défaire de sa nationalité turque, justifiant sa décision par l’évolution de la situation dans le pays d’où elle tient quelques origines :

« Je ne me reconnais plus dans le pays dans lequel mes parents ont grandi. Le fossé est devenu trop grand. L’influence grandissante de l’islam, la place de la femme, la démocratie et les minorités : tout va dans la mauvaise direction. »

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Zuhal Demir est née en Belgique, à Genk, dans la province du Limbourg, mais, comme toute personne de parents turcs, a bénéficié automatiquement de leur nationalité. C’est de celle-ci qu’elle souhaite aujourd’hui se débarrasser.

Si la Limbourgeoise entre dans les conditions pour se soustraire au fardeau de la double appartenance nationale, car elle n’est pas recherchée pour des faits criminels, ne présente pas de dettes envers les autorités turques et est âgée de plus de 18 ans, elle doute que les autorités ottomanes accéderont à sa demande.

Par le passé déjà, Zuhal Demir avait lancé quelques pavés salutaires dans la mare politique.

À propos du Parti socialiste (francophone), elle déclarait en 2013 :

« Quand j’entends certains discours au Parlement, je manque de m’évanouir. Les socialistes wallons, ce sont quasi des communistes. Pour eux, l’État doit s’occuper de tout. La Belgique est le seul pays où tu peux rester vingt ans chômeur. »

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Sur l’immigration de masse, le jeune secrétaire d’État est allé plus loin encore :

« Un tel afflux implique de financer des programmes d’intégration, de construire des écoles. Notre système n’est pas prévu pour absorber une si grosse masse. Conséquence : de nombreux enfants de migrants souffrent de retard scolaire, maîtrisent mal la langue et, du coup, ne trouvent pas leur place sur le marché du travail. De plus, beaucoup de jeunes d’origine étrangère, nés ici, vont chercher une femme au Maroc ou en Turquie, qui ne parle pas un mot de néerlandais. Chaque fois, tout le processus d’intégration est à recommencer. »

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Zuhal Demir est, assurément, une femme courageuse, n’hésitant pas à tancer la communauté turque de Belgique au sein de laquelle figurent, à ses yeux, « de nombreux fanatiques », ou encore le CD&V, parti démocrate-chrétien flamand, qu’elle n’a pas hésité à qualifier de « parti des musulmans ».

En renonçant à sa nationalité turque, le secrétaire d’État met ses actes en conformité avec son discours décomplexé. Zuhal Demir, assurément, c’est le vent frais dans une vie politique belge présentant une voûte souvent menaçante.

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