Sébastien Chenu : « Emmanuel Macron est un Président sourd à ce qui se passe dans le pays »

Emmanuel Macron s’est exprimé devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, ce 9 juillet.

À l’issue du discours du président de la République, le député Rassemblement national du Nord Sébastien Chenu réagit pour Boulevard Voltaire.

Vous avez écouté le président de la République au Congrès de Versailles. Que retenez-vous de ce deuxième discours du Président aux parlementaires?

Je retiens tout d’abord que le Président est content de lui, de sa politique, de sa personne et de sa majorité. Il est bien sourd de ce qui se passe dans le pays.
Pour autant, même s’il est content de lui, il a tout de même reconnu à mots couverts, dès le début de son allocution, qu’il était en échec sur le chômage, le pouvoir d’achat et l’insécurité.
Il n’y a, néanmoins, pas eu que des longueurs et des enfoncements de portes ouvertes. J’ai tout de même retenu quelques propos intéressants. Emmanuel Macron a parlé de l’élection présidentielle de l’année dernière en rappelant que nous étions ses adversaires. Il a également confirmé que nous serions à nouveau ses adversaires aux élections européennes à venir. Il a donc lui-même installé le combat entre militants de la nation et militant de l’Europe supranationale dont il est le représentant.

Le Président a donné quelques indices sur le calendrier parlementaire à venir. Visiblement, vous aurez beaucoup de travail.

Si vous avez aimé 2017, vous allez adorer 2018. Le Président nous a, en effet, annoncé toute une série de réformes, dont celles de l’assurance chômage et des retraites.
Ces réformes ont deux inconvénients. Elles brutalisent et déconstruisent le système français et ne produisent aucun effet. Nous avons déjà eu une réforme sur le travail. Résultat : le chômage a augmenté. Aucun nouvel emploi n’a été pourvu ou créé.
Emmanuel Macron fait beaucoup d’annonces et les résultats sont minimes.

Certains de vos collègues, surtout du côté des Républicains, se plaignaient des calendriers parlementaires et dénonçaient un rythme effréné et une destruction progressive du travail et du rôle du député. Partagez-vous ce constat ?

Travailler beaucoup ne me gêne pas, c’est normal quand on est parlementaire.
Je comprends que Les Républicains soient gênés, car ils votent à peu près 80 % de ce que propose Emmanuel Macron.
Mais le débat n’est pas là. La question est : quels moyens pour travailler ? Que fait-on ?
Emmanuel Macron essaie de soustraire des moyens au Parlement. La réforme constitutionnelle qui s’annonce va soustraire des moyens, notamment sur le droit d’amendement pour travailler.
Le Parlement va ressortir affaibli de cette réforme parlementaire. Nous aurions aimé avoir un débat sur l’aménagement du territoire à travers le service du transport public. Nous aurions, également, aimé avoir un débat sur la loi Travail. Il y a uniquement eu les ordonnances.
Le rythme n’est pas le problème, le débat est celui de la qualité du travail et de la capacité à débattre des vrais sujets.

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