« Se qualifier de “constructifs” est injurieux vis-à-vis de leur famille d’origine ! »

Que penser des « Constructifs », ces Républicains qui se revendiquent « Macron-compatibles » ? Pour Georges Fenech, c’est une initiative qui n’ira pas très loin. Ils quittent l’opposition pour rentrer dans la majorité et cette façon de tourner casaque n’est pas le comportement politique qu’attendent les électeurs républicains.

Depuis quelques jours, Thierry Solère s’exprime concernant un deuxième groupe des Républicains à l’Assemblée nationale, les qualifiant de « constructifs », sous-entendant donc a priori que les autres sont là pour détruire.
Qu’est-ce que vous pensez de cette idée de ce nom et de cette volonté de devenir macron-compatible à l’Assemblée pour les Républicains ?

Il s’agit encore une fois d’une ambiguïté totale.
Les Républicains sont Les Républicains. C’est nous, et il n’y a pas d’autres Républicains.
Ils ne peuvent pas revendiquer le titre de Républicains du moment où il décide de voter la confiance d’entrée de jeu au gouvernement d’Édouard Philippe.
Ils ne sont plus dans l’opposition. Ils appartiennent à la majorité.
Il faudra donc qu’ils changent de nom.
J’ajoute que se qualifier de « constructifs » est assez désagréable, voire injurieux vis-à-vis de leur famille d’origine qui n’a jamais été destructrice de quoi que ce soit, au contraire.
Nous avons toujours travaillé, nous avons été dans la majorité, nous avons apporté des projets, nous avons fait progresser la France, même si tout n’a pas été bien fait bien entendu.
En tout cas, Les Républicains que nous sommes ne pouvons pas accepter qu’une partie de notre famille nous dénigre de cette façon-là.
Nous n’avons jamais été destructifs.
D’ailleurs, dans le quinquennat qui vient de s’achever, le groupe Les Républicains a voté à l’unanimité les quatre lois anti-terroristes. Nous avions également voté un certain nombre de dispositions des lois Macrons I et II et de la loi El Komri.
Nous n’avons jamais été dans une opposition bornée et sectaire comme on le laisse entendre.
On laisse entendre que cette façon de faire de la politique serait la nôtre, contrairement aux autres Républicains dits « constructifs ».
Tout cela est extrêmement choquant.
En même temps, c’est une aventure qui ne mènera pas loin, car manifestement, ils entrent dans la majorité. Ils ne seront plus dans l’opposition.

Il y a aussi plusieurs membres des Républicains qui sont entrés au gouvernement.
Tout cela n’a t-il pas participé à l’énorme abstention, en particulier chez les électeurs de droite, tout simplement aux dernières Législatives par manque de clarté ?

Je l’ai constaté pendant toute ma campagne des Législatives.
Ce trouble a été ressenti par notre électorat du fait que des membres de notre famille politique aient accepté d’entrer directement au gouvernement d’Édouard Philippe après avoir critiqué fortement le projet d’Emmanuel Macron. Ils se sont opposés en terme économique, en terme d’augmentation de la CSG, en terme de sécurité, et ils ont tout d’un coup viré casaque.
Ce n’est pas la politique qu’attendent nos électeurs. Ils se sont sentis trahis et floués par un certain nombre d’entre nous.
Il est urgent aujourd’hui que nous construisions une grande famille politique Républicains issue du Gaullisme notamment, du Gaullisme social, et humaniste également car personne n’a le monopole de l’humanisme et de la solidarité. Il nous faut redonner un élan à notre électorat, lui montrer que nous sommes présents, que nous allons reformer une famille politique et que nous continuerons, que nous amplifierons nos combats.


Si la droite classique, la vôtre, Les Républicains, veulent demain recommencer à peser et à être suivie par les électeurs, quels sont selon vous les sujets sur lesquelles doit-elle se réaffirmer pour se reconstruire ?

Elle doit réaffirmer les sujets qui sont notre ADN.
Ils consistent d’abord à réaffirmer l’autorité de l’État, renforcer la question de sécurité interne, en Europe et à l’extérieur des frontières européennes.
C’est d’autre part de réaffirmer ce qu’est la culture française, une culture judéo-chrétienne à la française, avec tout ce que cela veut dire. Encore une fois, cela doit se faire dans le respect des minorités, mais en luttant contre le communautarisme. C’est la défense de la laïcité.
Ça, c’est notre ADN.
En matière économique, nous sommes pour une société qui ne soit pas pénalisée par un matraquage fiscal. Ce matraquage fiscal est en train de se préparer. Il s’était déjà exprimé à l’époque où Emmanuel Macron était ministre de l’Économie et secrétaire général adjoint de l’Élysée. Il est quand même à l’origine d’un matraquage fiscal sans précédent.
Nous sommes au contraire pour une baisse des impôts, notamment sur les ménages.
Nous sommes aussi pour libérer les freins dans le travail et revenir notamment sur ces 35 heures. Cela n’est pas dans le projet de monsieur Macron.
On voit bien toutes les différences et tout ce qui caractérise notre histoire et notre culture politique.

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