2 avril 2018

Scandale au Musée de Brooklyn : une Blanche a été nommée pour s’occuper de l’art africain !

C’est la dernière polémique qui agite la communauté noire aux États-Unis : le Brooklyn Museum vient d’embaucher une femme blanche au poste de conservateur de son département d’art africain. Chose qui constituerait en soi un scandale.

Cette jeune conservatrice s’appelle Kristen Windmuller-Luna, est âgée de 31 ans et particulièrement désignée pour occuper ce poste puisqu’elle est « titulaire d’un doctorat en histoire de l’art africain de l’université de Princeton, enseignante au département d’histoire de l’art et d’archéologie de l’université Columbia » et a, en outre, « travaillé comme éducatrice pour le Metropolitan Museum of Art, où elle était “responsable des visites de galeries d’art pour adultes et collégiens dans les galeries africaines” », selon le New York Post.

Mais voilà, cette nomination est vécue comme un insupportable affront.

Une dénommée Kimberly Selden, dont l’audience est certaine sur les réseaux sociaux, écrit ainsi : « La diaspora africaine (sic) est frustrée que les Blancs soient les gardiens de notre histoire. Nous sommes déjà privés de l’accès et des occasions, alors c’est dur à avaler que deux Blancs [un autre conservateur blanc a été nommé pour s’occuper du fonds photographique, ndlr] soient les conservateurs de NOTRE culture. » « Notre » en capitales dans le texte.

Néanmoins, comme le signale le New York Post, si « les Afro-Américains ne représentent que 4 % de tous les “conservateurs, éducateurs et dirigeants”, selon une étude démographique de la fondation Mellon en 2015, le même rapport disait que les personnes de couleur occupaient 42 % des postes de “leadership intellectuel” au Brooklyn Museum. »

Madame Selden est une fort jolie femme typiquement afro-américaine, à la peau très claire. J’imagine qu’elle est née aux États-Unis, ses parents aussi, ses grands-parents de même, ses arrière-grands-parents itou. Bref, il faut sans doute remonter très loin pour lui trouver une origine africaine. L’expression « diaspora africaine » me paraît donc impropre. Et plus impropre, encore, le « NOTRE » se rapportant à la culture africaine. Elle et ses semblables paraissent bien davantage incarner la culture américaine, cette culture « mainstream » de l’hyperconsommation et de ses corollaires, la plainte récurrente et la victimisation, que celle des habitants du continent africain !

En effet, en quoi l’art des Lobi, des Gan, des Bamouns ou, pour remonter plus loin, des Dogons ou des Djenné est-il l’art des Afro-Américains ?

Et n’est-ce pas, justement, l’expression la plus aboutie du racisme que de prétendre qu’il faudrait un Inuit pour s’occuper de l’art esquimau, un Chinois pour les céramiques et les laques chinoises, un Français pour parler des cathédrales au Moyen Âge, etc. ?

Cette histoire n’est, hélas, qu’un pas de plus dans une ségrégation sociale qui explose et se répand chaque jour davantage dans nos sociétés occidentales. Paradoxalement, la mondialisation et la glorification du « vivre ensemble » n’auront produit que l’effet inverse : partout, c’est la revendication du repli sur soi qui prévaut. MON territoire, MA communauté, MA culture… Chacun son genre, chacun sa couleur… à chacun sa culture et ses études. Ici les auteurs homosexuels, et là ceux qui ne le sont pas, là les Noirs et là les Blancs. À chacun sa chasse gardée. Tout cela, bien sûr, au nom de la lutte contre le racisme !

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