Transports gratuits pour les clandestins

Scandale en Île-de-France : Valérie Pécresse tient ses engagements de campagne !

Professeur honoraire
 

La région présidée par Valérie Pécresse a voté le 21 janvier, par 131 voix pour et 64 contre, la suppression de la réduction de 75 % dans les transports pour les étrangers en situation irrégulière et leur famille. « Une mesure sociale qui applique un principe républicain : une personne en situation irrégulière n’a pas lieu d’être mieux traitée que celui qui respecte la loi », peut-on lire sur son site. Scandale dans les rangs de la gauche, qui dénonce une « mesure injuste » visant à « stigmatiser » les étrangers ! Pire : elle a été soutenue par le groupe du Front national. N’est-ce pas la preuve que c’est une mauvaise mesure ?

Décidément, l’opposition de gauche au conseil régional réagit par réflexe conditionné : ce n’est pas aujourd’hui qu’elle changera. Car, enfin, est-il scandaleux que Valérie Pécresse tienne un engagement de sa campagne ? C’est le contraire qui eût été scandaleux ! Et ce n’est pas parce que le Front national avait fait la même proposition que cette mesure est entachée d’illégitimité. Si le FN dit qu’il fait soleil, faut-il systématiquement prétendre qu’il pleut pour s’en différencier ?

Plutôt que d’avoir une réaction pavlovienne, les élus de gauche, qui ne sont sans doute pas encore remis de leur défaite, auraient dû s’interroger sur le fond. Le forfait Solidarité Transport permet aux bénéficiaires de l’AME d’obtenir une réduction de 75 % sur leur passe Navigo. 117.000 personnes seraient concernées : sa suppression devrait engendrer de 40 à 50 millions d’euros d’économies.
Créée pour « lever les freins à la mobilité pour les personnes sans ressources et faciliter la recherche d’emploi », cette réduction continuera d’être appliquée aux bénéficiaires de certaines aides sociales, comme les allocataires du RSA et les ayants droit à la CMU. Mais est-il scandaleux de la supprimer à des immigrés sans papiers ? Doit-on les aider à chercher un emploi ? À ce compte, pourquoi ne pas leur donner une priorité ? Ces questions méritent mieux qu’un rejet de principe.

Valérie Pécresse tient ses engagements : en cela, elle fait honneur à la politique et donne une leçon aux girouettes de tout poil, y compris dans son propre camp. Quant à la gauche, une fois de plus, elle adopte une posture idéologique. Dans cette affaire, la présidente de la région Île-de-France se sera certainement attiré plus de sympathie dans la population qu’une gauche paralysée par ses préjugés.

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