Présidentielle 2017

Sarko envoie du lourd, du très lourd…

Médecin
 

Je vais vous l’dire, c’est du sérieux, maintenant que Nicolas Sarkozy est officiellement rentré en campagne publicitaire pour la saison 2017 des élections présidentielles. Roulement de tambour et secret de polichinelle, dans l’arène, mesdames et messieurs, du poids lourd. Du très lourd, même, comme le dirait avec verve Fabrice Luchini. Réjouissances et ambiances festives, donc, à prévoir cette semaine dans les maisons de retraite de France et de Navarre.

Depuis On a retrouvé la 7e compagnie, on n’avait jamais vu à tribord si belle brochette de candidats à la candidature, et pas que des nouveaux pelés ou d’anciens tondus, mais aussi des flingueurs et, parité oblige, quelques « flingueuses ». Par exemple, à votre gauche, pour les bobos de droite – ils existent ! -, Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM, pour les intimes), qui est au gaullisme ce que NTM est à la Neuvième Symphonie. À votre droite toute, moins stylée, Nadine Morano et Henri Guaino, pour la rime, ancien nègre de service, en guise de camion-balai pour les hérétiques envoûtés par le vote de l’extrême.

Ratissage large, vaste programme, « des nuits blanches, des migraines, des “nervousses brékdones” » en perspective. Et vas-y que je te re-lessive le cerveau du mâle blanc de plus de 50 ans sur le regroupement familial, te re-blanchis les méninges de la ménagère de 50 ans sur l’immigration et l’islam de France, te re-javélise les neurones sur l’identité nationale et la souveraineté. Lavage de cerveau, plus blanc que blanc, un coup de Dash par-ci, un coup de Daech par-là, pour le printemps 2017, faut bien qu’ils pigent, les Martin, les Dupont et les Ducon. « Ce sera 2017 ou jamais », sinon, il annule tout, Sarkozy, qui part à la rencontre des Français dans leur diversité. « Rarement les conditions auront été ainsi réunies pour proposer des changements de si grande ampleur avec de véritables chances de réussite. » Eh oui, le changement, une fois de plus, c’est maintenant. Après le mou avec son casque de moto, l’agité avec son casque de croisé ; car, nouvelle donne, il y a les cathos. Ces cathos oubliés, ressuscités sur l’échiquier politique depuis que l’un des leurs eut la gorge tranchée façon halal, sacrifié sur l’autel du vivre ensemble. Ces fameux cathos, qui seront pour Sarkozy ce qu’ont été les musulmans pour Hollande, ces quelques pourcents de prime de fidélité qui feront peut-être toute la différence. 2012, la Bastille, ses drapeaux, grand moment républicain. Bientôt, chez les Républicains, le Notre Père avant chaque « Marseillaise » ?

Les Français sont des veaux, disait le premier et le dernier des gaullistes. De toute évidence. En tout cas, certainement pas des éléphants. Martin, Dupont et Ducon auront la mémoire courte, ils oublieront vite. Sarkozy, ses casseroles, Bygmalion, Khadafi, BHL, l’UOIF, le traité de Lisbonne, l’Europe, Azibert, l’EPAD pour le p’tit, les fonds souverains du Qatar dans le CAC 40, le PSG et les pans entiers de notre économie, Hamad ben Jassem Al Thani (« HBJ », pour les intimes), les conférences rémunérées, le Qatar toujours… Vous le savez bien, le fric qui n’a pas d’odeur n’a pas, non plus, de religion ; le fric, c’est comme la République : il est laïque.

On connaît la chanson, le tout sauf Hollande succède au tout sauf Sarkozy. Sarkozy-Hollande-Sarkozy. Et pour ce dernier, on imagine déjà le slogan, déniché sur leboncoin : « Vends vieux Kärcher, peu servi. Pas sérieux, casse-toi pov’ con. » Vous devinez la suite.

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