Sans-dents : François Hollande avoue pratiquer le jugement au faciès !

 

« Et à quoi reconnaît-on quelqu’un qui est pauvre en province ? C’est quelqu’un qui a des problèmes dentaires » (François Hollande).

Eh oui ! On attendait de l’ouvrage de Davet et Lhomme, publié ce jeudi, une explication due à une quelconque beuverie, un soir où l’esprit fort vient plus vite aux lèvres que le Saint-Esprit. Ou à une rigolade devant une richesse excessive que les sans-dents ne pourront jamais s’offrir. Voire une pure connerie, un peu comme Bedos parlait des « salauds de pauvres » dans un de ses sketchs. Bref, un propos qu’on a un peu honte d’avoir dit, comme entre deux portes, prononcé suffisamment bas afin de pouvoir le nier, tout en espérant avoir été entendu et ayant fait rire de sa « bonne blague ». Voire quelque phrase dite comme une blague salace, réservée aux hommes, et qu’on prononce devant l’urinoir.

Mais non, rien de cela. Au contraire, notre Moi-Président affirme et revendique son propos. Les sans-dents. Soit. S’il lui plaît de nommer des gens ainsi.

On parle bien des blondes sans cervelle ou des hommes sans-cœur. Des sans-souci et des sans-culottes. Des sans-problèmes et des sans-vergogne. Acceptons donc, en attendant qu’il y ajoute aussi les sans-lunettes, les sans-prothèse auditive et les sans-soins car, au prix où dérivent les coûts de la Sécurité sociale et des mutuelles pour le Français moyen, cela finira bien par s’ajouter à l’absence de soins dentaires. Bien sûr, l’AME, prudente, choyant les nouveaux électeurs, évitera ces tracas aux futures Marianne : seront-elles dévoilées du chef ? Ça, c’est moins sûr.

Mais non ! François Hollande ne voit en cette expression que la normalité du regard sur autrui. Le regard physique, en quelque sorte. Normal, tout cela : parmi les gens qu’il dit rencontrer – on se pince un peu -, il doit bien y en avoir un ou deux qui, enfant, n’ont pas connu d’orthodontiste, ou pour qui les mauvais comptes de l’assurance maladie ne permettent pas des remboursements à hauteur du coût des soins prothésistes, et s’en privent.

Mais le dire ! Dire que son regard sur les gens s’arrête à cela… Dire qu’il les juge sur cela… Un peu comme s’il jugeait des sémites sur leur organe nasal ou l’origine de ses interlocuteurs selon la couleur de leurs cheveux et leur aspect crépu… Là, on ne se pince plus ! On se dit qu’il mérite autrement plus la prison pour racisme primaire qu’un Ménard annonçant benoîtement que des classes, à Béziers, sont largement constituées d’enfants à la peau d’ébène ou autre.

On se demande si Cazeneuve va devoir réviser les programmes de l’École de police et les moyens d’identification des individus recherchés. On aura les « fichés sans-dents », comme on a les « fichés S ». Oui, François Hollande vient d’avouer pratiquer le jugement au faciès. Le délit de sale gueule. Bravo l’artiste ! Quelle sinistre libération de la parole raciste vient-il de faire là.

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