Editoriaux - Politique - Presse - Religion - Société - 25 mai 2015

Le sang des Chrétiens d’Orient

On peut trouver quelques similitudes entre les drames actuels au Proche Orient et ceux qui ont ensanglantés le début du christianisme. Déjà, l’Empire romain attisait la haine contre les Chrétiens.
Aujourd’hui, il semble évident que les nations occidentales par calculs géopolitiques ou économiques à courte vue ont armé des fanatiques islamistes au Proche Orient. Elles ont transformé des populations innocentes en victimes expiatoires.
Pour les Chrétiens d’Orient, le refus d’apostasie équivaut maintenant à la peine de mort, parfois par crucifixion.
Nos dirigeants drapés dans la toge de la laïcité, pardon, de l’anticléricalisme, semblent parfois s’en laver les mains.
Ponce Pilate d’aujourd’hui, ils laissent faire, compassion à la boutonnière pour l’heure. Ils préparent leurs futures excuses.
Aux larmes de sang, ils opposent les larmes de crocodiles que sont devenus les Droits de l’Homme, mieux encore, les fameux Droits humains.

Tant d’ignominies ont été commises au nom de ces droits qu’ils ne sont plus qu’un paravent masquant des manœuvres économiques peu avouables. Bien des peuples « bénéficiaires » peuvent en témoigner.
Connaissant bien la déesse aux cent bouches, nos dirigeants savent qu’il vaut mieux s’agiter pour des journalistes tués par balle que pour des chrétiens crucifiés.

La liberté de presse est plus chère à nos élites que la liberté de culte. Sans doute pensent-elles donner de la vie, du débat à la société mais en fait, elles ne sèment que la haine et la mort.
Les Chrétiens d’Orient, eux, ne demandent que le droit de vivre paisiblement dans leur foi. De plus, des siècles de persécutions les ont rendus discrets dans le fait religieux.
Le temporel ayant renoncé à toute dignité humaine, il est du devoir du spirituel de se saisir de ce drame. Au nom de ces martyrs des temps modernes, les églises chrétiennes majeures se doivent de s’unir en appelant, comme Saint Paul dans l’Epitre aux Galates, à la fraternité chrétienne.

« Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme; car tous, vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus ».

Au passage, comment ne pas voir la convergence des principes de liberté, d’égalité et de fraternité de notre république telle que l’avaient conçue nos pères et ceux exprimés par cet apôtre.
Toutes les églises chrétiennes doivent se convaincre que lorsqu’un chrétien d’Orient meurt, c’est d’abord un chrétien qui meurt, un frère en religion. Le devoir du berger est de protéger ses brebis même si certaines, à ses yeux, se sont égarées. Elles restent des brebis, ses brebis.

Que le sang de ces martyrs soit l’oint de l’alliance des églises chrétiennes.
Alors, laissant loin derrière elles les querelles passées et rassemblées derrière la Croix, elles entameront un nouveau cycle de vie portant l’espoir d’une vraie fraternité.
Grâce à ce retour au message divin originel, la chrétienté illustrera la devise que donna Saint Bruno à l’ordre des Chartreux : « La croix demeure tandis que le monde tourne ».

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