Samedi, c’est jour de mariage, et cela devient insupportable dans ma ville

Je n’habite pas les quartiers nord de Marseille ou le 93, mais une ville du Sud-Ouest. Et pourtant, je vais vivre un samedi après-midi de mariages comme partout en France. Pas de mariage blanc, non. Un vrai mariage. Un mariage vert ou rouge, car ce sont les couleurs qui domineront dans des drapeaux agités par les portières des belles voitures et que verront les passants. Passants qui seront contraints, s’ils font des courses en centre-ville, conduisent leurs enfants à la musique ou au foot, de reconnaître qu’un mariage communautaire – c’est comme ça que disent pudiquement les journalistes de la presse quotidienne régionale – a lieu. Contraints de mille façons : les drapeaux brandis (marocains, algériens ou turcs), donc, les klaxons, les cris, la circulation perturbée par le convoi nuptial qui n’hésitera pas à griller les feux, monter sur les trottoirs, mais aussi les cris et les injures lancées au citoyen lambda qui ose lancer un regard désapprobateur ou respecter les feux tricolores.

Or, il semblerait que la désapprobation progresse. Les Français sont un peuple patient et policé. Jusqu’à un certain point, peut-être. Surtout quand ils commencent à comprendre qu’il y a abus, excès, manque de retenue, de respect. Et ces excès, qui deviennent parfois des délits en termes de sécurité routière ou de simple respect du Code de la route, passent mal et font que, sommés de voir du vert tous les samedis après-midi, certains piétons ou commerçants commencent à voir vraiment rouge. À l’heure où vos dépassements de 8 km/h et vos 5 minutes de retard au parking vous coûtent des centaines d’euros, l’impunité dont jouissent les noceurs du samedi après-midi dans les villes de France est inacceptable.

Samedi dernier, à Annecy, les débordements ont été si manifestes, les piétons si excédés que la police a dû intervenir. Tant que le piéton ne crie pas, les autorités ne bougent pas : étrange façon de gérer le vivre ensemble… Selon France Bleu,

« Deux mariages célébrés dans la communauté turque d’Annecy ont entraîné, en plein centre-ville, de nombreux débordements et infractions au Code de la route. Voitures sur le trottoir, circulation à contresens, refus de priorité… la liste est longue. “Ce jour-là, nous avons reçu énormément d’appels de la part de piétons ou de conducteurs excédés par ces comportements”, indique un responsable du commissariat d’Annecy. »

À Nice, le 1er septembre dernier, Christian Estrosi avait même décidé de reporter un mariage dont les protagonistes et les invités ne respectaient pas le Code de la route, ni la « charte » des mariages qu’il a édictée en 2012. Visiblement, la charte n’a pas suffi.

Dans ma ville, ces deux derniers samedis de septembre, nous avons assisté avec nos enfants à des excès comparables.

Sur d’autres sujets, il nous est demandé de « ne plus rien laisser passer ». Et, si, devant ces dérives inacceptables, on ne laissait plus passer non plus ? Et si, au-delà de la nécessaire répression de ces comportements irrespectueux et délictueux, on demandait à nos maires, à tous nos élus, d’agir, de légiférer, réglementer pour exiger, dans tout ce qui entoure cet acte d’état civil majeur qu’est le mariage, un respect minimum de la France et des Français, aussi bien dans les symboles (pas de drapeaux étrangers) que dans les comportements. Le vivre ensemble y gagnerait beaucoup.

Car – ne nous y trompons pas – la question des mariages communautaires n’est pas qu’un simple problème de Code de la route : il est l’un des nombreux signes par lesquels des communautés musulmanes disent dans l’espace public, avec des drapeaux turcs ou marocains, et jusqu’aux abords des mairies : nous sommes chez nous.

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