Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 13 juin 2018

« Il s’agit d’éviter de faire à Paris ce que Macron a fait à la France en 2017 »

Le 7 juin dernier, Serge Federbusch a déclaré sa candidature aux élections municipales de 2020 à Paris. Le fondateur d’Aimer Paris est interrogé au micro de Boulevard Voltaire sur ce qui a motivé son engagement, les mesures qu’il compte prendre s’il est élu et ses chances de succès.

Vous avez lancé, le 7 juin dernier, votre candidature officielle à la mairie de Paris. Pourquoi vouloir prendre la mairie de Paris ?

Il s’agit d’une opération d’urgence, voire de secours. La mairie de Paris a vu sa dette multipliée par sept depuis l’arrivée de Delanoë à l’hôtel de ville. La mairie et la ville de Paris vont mal. Elle est de plus en plus sale, il y a des invasions de rats et le problème des migrants est traité avec démagogie. La crise du logement est absolument phénoménale. Il y a 200.000 demandeurs de logements sociaux, alors qu’il y en avait seulement 90.000 avant que Delanoë et Hidalgo n’arrivent. Ils nous avaient pourtant expliqué qu’avec leur politique de préemption d’immeubles, ils avaient réglé la question.
Il n’y a pas un seul domaine où les choses fonctionnent correctement. Le bilan d’Hidalgo est catastrophique.
Il y a un vrai risque qu’une créature de Macron s’empare de la mairie en faisant croire aux Parisiens que tout va changer et pour finalement ne rien changer, sinon transformer Paris en ministère du gouvernement.
Il faut éviter que l’escamotage qui a mis Macron à l’Élysée en 2017 n’ait lieu en 2020. Un macronien à la mairie de Paris nous fera croire au changement pour, finalement, maintenir les mêmes politiques en matière de logement, d’immigration et de circulation.
C’est pour éviter cet augure et cette perspective assez déplorable que j’ai lancé ma candidature avec Aimer Paris, qui recueille déjà de nombreuses adhésions. Nous avons fait une réunion avec plus de 200 personnes. Le climat était survolté. Les choses se présentent bien. Je crois que l’on va pouvoir éviter à Paris ce que Macron a fait à la France en 2017.

Quel maire de Paris souhaitez-vous être ?

Je serai un maire de Paris pragmatique.
On réglera les problèmes de circulation sans s’en prendre aux automobilistes par pur dogmatisme ou pure volonté de communication.
On réglera les problèmes de propreté en mettant les services de Paris réellement au travail.
On réglera les problèmes d’immigration en évitant de faire des appels d’air démagogiques comme le fait Hidalgo pour, ensuite, se tourner vers Macron et Collomb. Ces derniers avaient dit qu’ils ne feraient rien pour les évacuer, puis les évacuent quand même et continuent la politique de pompe aspirante.
Sur tous les sujets, nous aurions des réponses pragmatiques pour répondre aux intérêts des Parisiens, et non faire de Paris une succursale du gouvernement comme ce serait le cas avec le candidat de Macron, ou de continuer à en faire l’exemple et le terrain de jeux d’une idéologie mortifère comme Hidalgo et les socialistes le font depuis 2001.

Il est difficile, pour les candidats sans parti, de prendre des grandes mairies comme celle de Paris. Il faudrait avoir une majorité avec tous les élus parisiens et, donc, prendre les mairies d’arrondissement. Avez-vous déjà commencé à constituer des listes par mairie d’arrondissement ?

Pour l’instant, nous constituons des comités par arrondissement. Nous avons encore un peu de temps, puisque les élections sont dans vingt mois.
J’avais monté une liste avec Charles Beigbeder en 2014. En trois mois de campagne à peine, nous avions été présents dans 15 arrondissements et avions fait 5 % en moyenne là où nous étions présents. Nous n’aurons aucune difficulté à faire beaucoup plus. J’essaie d’agréger autour de cette association toutes les bonnes volontés qui ne veulent ni d’Hidalgo ni de Macron en 2020 pour Paris.
Cela peut aller à tous les mouvements d’opposition actuelle au niveau national, des centristes plutôt de droite jusqu’aux gens du Rassemblement national. Je n’ai pas d’exclusive. Il faut simplement se mettre d’accord sur des mesures techniques et précises pour améliorer la vie des Parisiens et sortir cette ville des griffes et des mains d’Hidalgo comme de Macron, qui en feraient soit un jouet idéologique soit un jouet politique à des fins et pour des usages qui ne répondent en rien aux intérêts des Parisiens.
Le mode de scrutin, contrairement à ce que l’on peut imaginer, nous est favorable. Nous aurons la possibilité de mettre en place des listes partout. J’essaierai de convaincre Les Républicains d’aller vers des primaires ouvertes honnêtes et transparentes. Si ce n’est pas le cas, j’en tirerai les conclusions qui s’imposent. Nous aurons des listes partout et pourrons parfaitement l’emporter, d’autant que macroniens, Hidalgo et Insoumis seront divisés. Le mode de scrutin permet à la liste arrivée en tête d’emporter la majorité des sièges et de s’assurer d’une majorité dans chaque arrondissement. Même si tout ce qui va de Mélenchon à Hidalgo était majoritaire en voix, nous pourrions quand même gagner les arrondissements. Il n’y a donc aucune raison que nous ne le fassions pas.

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