Congélation des ovocytes : un pas de plus pour libérer la femme ?

 

En cette période électorale imprévisible, le magazine Elle maintient son cap et questionne les candidats à la présidentielle sur leurs engagements en matière d’avancées sociétales.

Tout ce qui touche au mieux-être des femmes est évoqué : santé, IVG, parité, non-discrimination, homosexualité… Prétexte à rappeler aux « présidentiables » que, sur les sujets de procréation médicalement assistée, de congélation d’ovocytes « pour toutes » et aussi de gestation pour autrui, la France a encore du chemin à faire.

Reste à savoir si ces revendications font vraiment avancer la « cause des femmes ». À commencer par la congélation de leurs ovocytes.

Conçu comme « un moyen de s’affranchir du temps », « parce que la liberté veut qu’on puisse mener sa vie comme on l’entend », l’autoconservation des ovocytes pour convenance personnelle permet, c’est bien commode, de reporter son projet de grossesse sans être rattrapée par son horloge biologique.

Pas sûr, pourtant, que les femmes y trouvent une véritable libération.

Les employeurs Facebook et Apple, eux, ont su saisir l’occasion de cette médicalisation de la maternité en proposant de financer les frais de congélation à leurs employées. Ou comment pallier les effets négatifs des grossesses sur la rentabilité de l’entreprise.

Sans parler du fossé d’inégalité que cette méthode moderne de procréation risque bien de creuser entre les femmes qui auront les moyens d’arrêter le temps (à partir de 3.000 euros) et les autres.

Quant aux enfants dont la conception a été remise à plus tard, est-ce vraiment idéal pour eux d’avoir une mère ayant passé la cinquantaine ?

À croire que féministes, experts, médecins tout occupés de complaire aux adultes ont perdu de vue qu’au bout du compte, c’est d’un enfant qu’il s’agit, non d’un produit rajeunissant…

Il est vrai qu’à jouer à s’affranchir à ce point du réel en s’imaginant mère à tout âge de la vie, on perd de vue certaines réalités.

Ces questions d’accès aux techniques reproductives « pour tous » seront réexaminées en 2018 lors de la révision des lois de bioéthique. Dans cette perspective, le tout nouveau président du Comité consultatif national d’éthique, le professeur Delfraissy, vient d’annoncer la publication d’un avis sur ces sujets au printemps. Selon ses déclarations : « L’éthique n’appartient pas qu’aux experts, elle a aussi besoin de s’appuyer sur la société… »

Son intention d’aider le citoyen « à franchir les étapes de réflexion sur les sujets difficiles » laisse présager le pire.

Pas évident que ces « avancées sociétales » fassent le bonheur des femmes et des nourrissons.

AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

SOUVENIRS

Les commentaires sur cette page sont fermés.