Livre

Russophobie 2.0

de Giuletto Chiesa

Fonctionnaire international
 

Voici une phobie recommandée au bien-pensant et qui n’enverra personne en 17e chambre correctionnelle.

La russophobie, expression de la pensée dominante en Occident, pose pourtant une menace existentielle à l’humanité entière.

C’est, en substance, le message délivré par Giulietto Chiesa dans son ouvrage Russophobie 2.0, publié aux Éditions Le Retour aux sources.

Le projet capitaliste que les États-Unis ont vendu aux populations mondiales sous le label démocratique repose tout entier sur une prédation sans fin de notre écosystème.

Ce modèle suppose une économie d’abondance adossée à une croissance illimitée… promesse intenable dans un contexte de raréfaction des ressources et d’explosion démographique.

Tandis que la corporatocratie confisque les ressources terrestres, l’homme occidental reste persuadé que 8 % de la population mondiale (États-Unis + Europe) représentent légitimement la communauté internationale dans le meilleur des mondes possible.

Abêti par l’industrie du rêve et de la com’ – on pense au Capitalisme de la séduction de Michel Clouscard -, l’homme d’Occident a troqué ses attachements ancestraux (famille, traditions, religion, patrie) contre une promesse de consommation illimitée et festive. Ces fariboles toxiques et illusoires ont fait long feu et nous devons, aujourd’hui, subir le totalitarisme de la croissance dans un monde sans croissance… absurdité radicale.

La russophobie comme diversion

La chute de L’URSS avait mis les États-Unis devant un écueil stratégique très tôt perçu par Zbigniew Brzeziński : « À qui attribuer la responsabilité de la crise du système occidental en l’absence d’un ennemi ? »

En 2008, la crise bancaire est là et le modèle social occidental s’effondre.

Ce sont les prolégomènes d’une crise majeure (l’ère post-fossile) que l’Occident n’a aucun moyen d’éviter.

Solution de court terme : remobiliser les masses face à un ennemi irréductible.

De fait, l’opposition est irréductible entre le vide conceptuel et humain d’un Occident en déclin et le trop-plein vitaliste d’une Russie nouvelle qui a redécouvert ses fondamentaux spirituels après une décennie de domination étrangère. Ressusciter l’ennemi russe et « liquider la Russie en tant qu’État souverain » devint l’obsession stratégique de l’Empire du Bien.

L’adhésion des masses au projet étant superflue et coûteuse, le débat public cédera la place à la société du spectacle : à côté d’un ennemi russe très identifiable planera une menace terroriste diffuse et permanente justifiant état d’urgence et surveillance panoptique. Le conditionnement sera complet avec le spectacle quotidien des « décapitations de l’État islamique et des hordes de migrants » créant dans la psyché collective un « état hypnotique de préparation à la guerre ».

La russophobie comme arme politique

Les élites occidentales s’appuient localement sur des chiens de garde zélés.

Revanchards nazis retournés après guerre, asociaux et refuzniks rejetés par l’Union soviétique, c’est de cette lie plus antirusse encore qu’anticommuniste qu’émergera, en 1991, l’élite politique chargée de la « transition démocratique » aux marches de la Russie. De révolution orange en coup d’État, le caillou ukrainien se fichera dans la botte russe. Résultat : toute la population russe fait bloc aujourd’hui derrière son « autocrate ».

La Russie dispose de toutes les ressources qui lui permettront de résister à la crise de rareté qui vient (eau, espace, énergie) ; elle n’a nul besoin de l’Occident. Mais l’Occident a besoin de neutraliser cette puissance eurasiatique et de capter ses richesses pour offrir un sursis au modèle consumériste.

La russophobie est l’impasse dans laquelle s’enferment des élites occidentales atteintes de myopie.

Contrées dans leurs projets néo-coloniaux en Syrie et en Ukraine, elles pourraient ne pas résister à la tentation de « renverser l’échiquier ». Ce serait un aller simple pour Armaggedon.

Envie de lire ce livre ?
Cliquez ici !

POUR ALLER PLUS LOIN