Un mode de vie halal

Maire de Béziers

Ancien journaliste, fondateur de Reporters sans frontières et de Boulevard Voltaire

 

90% des jeunes Français de 18 à 25 ans issus du Maghreb, du Sahel et de Turquie respectent les prescriptions alimentaires de l’islam ainsi que le Ramadan. C’est ce que nous rapporte le sociologue Hugues Lagrange, directeur de recherche au CNRS, dans une étude à paraître en 2013. La présence régulière à la prière atteint 30% chez les 21-25 ans alors qu’elle est inférieure à 20% pour les plus de 40 ans. A titre de comparaison, à peine 5% des catholiques vont régulièrement à la messe. Et ce sont le plus souvent des personnes âgées.

En clair — et contrairement à ce qu’ont voulu nous faire croire les défenseurs de l’intégration —, ce sont les plus jeunes des immigrés et de leurs descendants venus des pays musulmans qui sont les plus pratiquants. 28% de ces musulmans voient même un conflit entre leur religion et les lois de la République. Un autre sociologue, Samir Amghar, explique qu’une minorité va jusqu’à prôner une « rupture islamique rigide ». Ce que certains d’entre eux décrivent comme « un mode de vie halal »

Un mode de vie qu’ils veulent afficher, associé à des « prescriptions morales ». Vincent Tiberj, encore un sociologue, a montré que chez les Maghrébins de la seconde génération, l’homophobie est deux fois plus répandue que chez les jeunes Français « majoritaires ». Des jeunes musulmans qui se différencient également en matière d’endogamie, de défense de la virginité avant le mariage ou de brutalité envers les filles. Sans oublier l’antisémitisme : 39% déclarent que « les Juifs ont trop de pouvoir en France », contre 20% chez les autres jeunes…

Voilà pour les chiffres, les données, les statistiques. Qui dérangent, vous vous en doutez. Et qui valent volée de bois vert et lynchage médiatique à ces chercheurs. Au nom de la désormais machinale « peur de stigmatiser les enfants immigrés ». Au nom de l’habituel « vous donnez des arguments au Front national ». Reste que les faits sont têtus. La machine à intégrer est en panne. Plus homophobe, plus violente, plus sexiste, plus antisémite, le portrait robot d’une partie de la jeunesse issue de l’immigration a de quoi inquiéter. On le sait dans les banlieues. Et depuis pas mal de temps. Même si nos intellectuels — à l’exception d’une poignée, les plus audacieux — continuent à le nier. Contre toute évidence. Par paresse ? Par aveuglement ? Ou par lâcheté…

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