Rififi chez les francs-macs : Mélenchon menacé d’une plainte pour « position ambiguë »

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

Mitterrand, qui n’en était pas mais en était très entouré, les appelait « les frères la gratouille », allusion à la poignée de main rituelle entre maçons. Il les raillait mais vénérait leurs symboles et savait utiliser leurs réseaux.

Présenté comme le phare de la pensée rationnelle, l’homme aux canines acérées ne dédaignait pourtant ni le secours des astres ni celui de la religion. On peut toujours rappeler qu’avant de s’engager dans la guerre du Golfe, il alla s’assurer auprès d’Élizabeth Tessier d’avoir bien la Lune en Scorpion, et s’en alla toucher les reliques de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus au motif que deux précautions valaient mieux qu’une. Surtout, François Mitterrand s’entoura et nous entoura, par ses grands travaux, de symboles ésotériques aussi fumeux que ruineux pour le contribuable, le plus connu étant sans doute la Grande Arche de la Défense (« Arc de triomphe moderne à la gloire du triomphe de l’humanité » et même « porte cosmique »), et le moins visité le joli petit mastaba du Champ-de-Mars (« Monument des droits de l’Homme » signé Yvan Theimer), qu’il visitait quasi quotidiennement dans ses derniers jours.

Si j’évoque François Mitterrand, c’est parce que la loge Roger-Leray (grand maître du Grand Orient de France en 1987) eut sous ses mandats un poids certain. C’est une loge d’environ 90 membres qui se définit comme « très politique » et rassemblait, hier comme aujourd’hui, le gratin du PS, dont un certain Jean-Luc Mélenchon.

Le frère Mélenchon, donc, fondateur du mouvement de La France insoumise, est – était ? – un disciple assidu depuis 25 ans. Il était même « couvreur », c’est-à-dire l’officier chargé de garder la porte du temple. « Il vérifie notamment que ceux qui y pénètrent sont bien des frères. Il est très scrupuleux sur le respect du rituel et de la tradition », confiait, en 2010, l’un de ses frères au Parisien.

Insoumis au dehors, il aurait pourtant été bien différent dans le secret de la rue Cadet, un autre assurant : « Ce n’est pas du tout le coq agressif de la télé. Il ne donne pas de leçon. »

Mais il semble qu’aujourd’hui, le charme de Mélenchon n’opère plus auprès de ses frères. Si l’on en croit Le Point, « une plainte serait sur le point d’être déposée auprès de la chambre suprême de justice maçonnique, l’instance juridique du Grand Orient, par une loge de l’organisation ». Peut-être la loge Roger-Leray ? On ne sait pas. Mais le motif est simple : « Sanctionner la position ambiguë du leader de La France insoumise, jugée incompatible avec les valeurs de la franc-maçonnerie. »

Vous avez compris : Mélenchon va se prendre une soufflante pour son refus d’appeler à voter Macron. Pan sur les doigts ! On ne badine pas avec l’amour.

Avant de vous quitter, un conseil : allez sur le site de L’Express. On y trouve le blog « La Lumière », que rédige François Koch. « Les sites Internet maçonniques pullulent. Ce blog est le seul rédigé par un journaliste d’un média grand public », dit son auteur. On peut donc supposer que les informations qu’il y rapporte sont exactes. Par exemple que la rédaction de Charlie Hebdo comptait quelques frères de la loge Roger-Leray, dont le regretté Bernard Maris, qui ne voulait pas que ça se sache.

Il est vrai que, pour ces grands libertaires, ça la fichait plutôt mal…

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