Histoire

Reynald Secher : je suis censuré par le festival de la BD à Blois !

Historien, écrivain
 

Il y a une trentaine d’années, j’ai créé ma maison d’édition afin de permettre aux jeunes, et aux moins jeunes d’ailleurs, de découvrir l’Histoire par le biais de ce support particulier qu’est la bande dessinée. Pour atteindre cet objectif, j’ai fait reposer ma démarche sur une logique rationnelle, scientifique et ludique : baser l’Histoire sur la chronologie, la cartographie, les grands personnages et les événements historiques.

La BD, en ce sens, est un support formidable car elle met en relief l’Histoire, rend les personnages attachants et leur offre une image qui les rapproche du lecteur. Ainsi, liée à la démarche de l’historien, la BD permet au lecteur d’appréhender simplement l’Histoire, ce qui est l’objectif et l’œuvre de tout professeur qui souhaite transmettre son savoir.

C’est fort de cet esprit que j’ai été profondément choqué et meurtri d’apprendre par un courrier que le festival BD Boum de Blois, auquel je participe depuis deux ans, me censurait en m’interdisant ma présence. Ce festival était pour moi un formidable trait d’union avec mes lecteurs car j’avais alors l’occasion de rencontrer mon public, les élèves, les enseignants, les familles.

Pour justifier cette décision arbitraire, le directeur du festival, Bruno Genini, m’explique que « [ma] ligne éditoriale ne correspond pas aux valeurs et à l’éthique du festival ». Ce festival étant financé par France 3, le ministère de la Culture et d’autres organismes publics, il s’agit d’une véritable censure remettant en cause le pluralisme et la liberté d’expression que nos politiciens vantent pourtant à toute occasion.

Je suis donc censuré de ce festival ad vitam aeternam puisque le directeur m’avertit qu’il ne m’enverra plus de fiche de réservation pour les stands. Je précise que je paye mon emplacement et qu’au-delà de la censure idéologique, il y a là un refus de vente manifeste. C’est pour cela que je me tourne vers vous, pour dénoncer cette terreur intellectuelle qui règne de plus en plus sur notre pays et pour vous encourager à dire : « Stop à la censure ! »

L’Histoire est un de nos biens les plus précieux. Sa transmission est un devoir qui doit être rempli par la famille et l’école. Comme cette dernière ne joue plus son rôle pour des raisons idéologiques, la famille doit plus que jamais être présente.

Osez l’Histoire et, avant les fêtes, offrez-la, pour que jamais elle ne meure entre les mains des censeurs.

POUR ALLER PLUS LOIN