Le rêve des mélenchonistes : faire de la France un autre Venezuela !

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

Sur la tête, une brosse drue couleur de blés mûrs, des yeux mer d’opale, une peau de porcelaine et crâne de granit… c’est Adrien Quatennens, la nouvelle coqueluche des médias depuis que, le 10 juillet dernier, prenant la parole devant l’Assemblée pour défendre les amendements de La France insoumise, il a accusé le ministre du travail de « déshonorer sa fonction » et le gouvernement d’organiser « un meurtre avec préméditation du Code du travail ».

Élu avec cinquante voix d’avance dans la 1re circonscription du Nord (Lille-Loos) face au candidat LREM (avec le soutien conjoint du PS et du FN), le député de 27 ans a fait ses armes dans les manifs contre le CPE (contrat de première embauche). Voie royale pour une carrière d’apparatchik dans les partis de gauche ; il faut d’ailleurs lui reconnaître un talent oratoire certain dans la veine du mélenchonisme lyrique, formules incantatoires et outrances comprises.

Depuis son intervention remarquée dans un Hémicycle où les voix de la droite, du PS et du FN sont totalement anesthésiées, Adrien Quatennens tourne en boucle sur les radios et télés. Invité au micro de RTL mardi matin, au lendemain du vote de la Constituante qui risque de plonger le Venezuela durablement dans la guerre civile, on lui rappelait le tweet de Mélenchon, demandant si le « Venezuela bolivarien » était toujours « une source d’inspiration » pour La France insoumise.

Eh bien, figurez-vous que oui !

Les arrestations arbitraires, les morts, l’inflation de 700 %, la pénurie organisée, l’impossibilité d’entreprendre, la bureaucratie toute-puissante, les files d’attente aux frontières pour s’échapper d’un pays où l’on crève aujourd’hui de faim, la corruption, la concussion, la triche aux élections (il est vrai que, chez nous, on sait aussi y faire)… Foutaises que tout cela !

Qu’importe : comme on le dit encore du communisme qui accoucha des Staline et des Pol Pot, le bolivarisme est « une idéologie généreuse ».

C’est aussi (et c’est plus grave) le rêve de société de La France insoumise, qui n’en pince que pour la « redistribution », quitte à mettre un pays totalement sur la paille. Pour Adrien Quatennens, les critiques qui visent Maduro ne sont que des « caricatures ». Il ne nie pas que le pays soit en train de sombrer, mais rejette toute responsabilité du pouvoir dans le processus : « Il y a d’abord une grave crise économique, une inflation criante ; des problèmes liés à la chute du pétrole qui font que ces politiques redistributives sont maintenant compliquées (sic). Mais ça ne tient pas à une mauvaise gestion. »

La vérité, c’est que quinze années de socialisme ont totalement détruit l’économie vénézuelienne. On peut, comme Mélenchon et ses troupes, s’accrocher au dogme d’une « vraie gauche », cette foi aveugle en un peuple qui, par essence, serait doté de toutes les vertus et de tous les talents. Trop jeune, sans doute, ou n’ayant pas assez lu pour se souvenir de toutes les fadaises qu’on a pu nous sortir pour justifier les dictatures communistes qui ont émaillé le XXe siècle, Adrien Quatennens reprend presque mot pour mot l’argument de Maduro : c’est l’extrême droite fasciste soutenue par les USA qui a coulé le pays, pas l’incurie des Chávez et compagnie.

Comme l’écrit Éric Le Boucher sur le site slate.fr, la situation actuelle du Venezuela est « la preuve in vivo d’un programme idiot », qui est exactement… le programme de Mélenchon.

Hélas, c’est la seule voix qui se fasse entendre aujourd’hui face à la marée LREM !

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