Si nous repensions aux paroles de Benoît XVI ?

 

Au soir du 1er tour, la CEF (Conférence des évêques de France) nous assena que « l’accroissement des migrations est un constat, dont nous devons subir et accepter les conséquences ». Aussi n’est-ce pas quelque chose à organiser ou réguler, afin que ces mouvements de population ne vident pas des nations de leur substance et soient vécus de façon respectueuse de la dignité humaine. Ce qu’il faut, c’est « constater que ces migrations sont ». Et donc les subir !

Autres morceaux choisis, ce 1 1e commandement de l’Église : à l’Europe tu croiras avec révérence religieuse de l’esprit. Je cite : « C’est une véritable adhésion des peuples d’Europe au projet européen qu’il faut favoriser. » Exit toute contestation d’une bureaucratie bruxelloise soumise aux lobbies et destructrice de millions d’emplois de nos nations.

Exit tout projet de refondation dans un cadre plus démocratique et plus coordonné ; où le politique – le souci du bien commun – prenne le pas sur l’économique – le souci d’intérêts particuliers.

Heureusement, à Dax ou à Toulon, on tint langage autrement. Honneur de l’Église ! Heureusement, disais-je, car à Rennes, Nantes, Troyes, Poitiers ou maintenant Lyon, on osa se prononcer expressément contre Marine.

L’Ordre de Malte emboîte le pas : « L’acceptation de la diversité au sein de la République ne menace pas l’unité nationale – ne remet pas en question l’existence d’une culture commune, de valeurs partagées. » On pourrait, bien sûr, leur conseiller de réviser leur propre histoire, mais le Malte du XXIe siècle voit dans les heurts intra-communautaires les revendications dans notre vie civile, la place rétrogradée de la femme ou du non-musulman, l’interdit de la liberté religieuse, des valeurs communes de la culture Française !

Les Scouts de France affirment sur leur site : « Le scoutisme ne peut pas constituer un programme politique. Nous réaffirmons que personne ne peut s’appuyer sur le fait qu’il est scout ou guide pour promouvoir son engagement partisan personnel », et amendent cette précaution qui devient « Il n’y a aujourd’hui qu’une solution sûre pour repousser (le projet) du FN ».

Les Jésuites participent à la lapidation : « Nos réticences devant l’un et l’autre des candidats ne sont pas de même poids. La méditation de l’Évangile et l’attention à l’enseignement de l’Église nous interdisent de soutenir le Front national par notre vote, ni même par l’abstention. »

Plus la moindre retenue contre leurs principes de non-immixtion dans le politique. Les auteurs croient-ils, en ces appels, avoir quelque influence ? Quelle prétention ! Même les appels de Fillon et des dirigeants de LR restent sans influence. Il y a belle lurette que le citoyen informé par mille médias se fait son propre avis sans attendre celui d’une organisation n’ayant aucune autorité morale en la chose politique.

Prétention orgueilleuse de petites personnes qui croient utiles, comme les Pharisiens intimant à la foule de faire libérer Barabbas, de participer à la lapidation générale.

Rappelons ces paroles de Benoît XVI : « Dans des circonstances récentes, il est arrivé que, même au sein de certaines associations ou organisations d’inspiration catholique, sont apparues des orientations en faveur de forces et de mouvements politiques qui, sur des questions éthiques fondamentales, ont exprimé des positions contraires à l’enseignement moral et social de l’Église. De tels choix… ne sont pas compatibles avec l’appartenance à des associations ou à des organisations qui se définissent comme catholiques. »

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