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Rencontrer par hasard Macron dans la rue : aussi improbable que de se faire mordre par une chauve-souris enragée ?

Ancien chef d'entreprise
 

Quelle veinarde, cette Maha Issaoui ! Se baladant, le 25 janvier, dans les rues de Clermont-Ferrand, elle tombe sur le Président Macron en personne qui – au diable son agenda ! – déambulait lui-même accompagné de son équipe. Petite conversation fort sympathique : « Vous voulez retourner en Tunisie ? », « J’y vais la semaine prochaine, moi », « Mais vous voulez y aller ? Avec nous ? » Et hop, en deux minutes chrono, c’est décidé, Emmanuel prendra sous son aile, ou plutôt sur les ailes de son avion présidentiel, la charmante Maha. Trop cool !

Si c’est le cas, ce n’est pas très rassurant, un président de la République promettre avec autant de légèreté, à une citoyenne qu’il ne connaît ni d’Ève ni d’Adam, d’embarquer dans l’avion présidentiel. Mais le hasard, on vous le dit, a rudement bien fait les choses.

D’abord, de faire se rencontrer le chef de l’État et une aussi brillante jeune femme. Maha Issaoui, dans son pays d’origine, a obtenu son baccalauréat mention très bien.
Ensuite, le hasard se poursuit. Scientifique et activiste de la révolution tunisienne, Le Monde, en 2011, lui consacrait un portrait. Cette année-là, en compagnie d’autres Tunisiens, invitée par l’ambassadeur de France en Tunisie – Boris Boillon, un proche de Nicolas Sarkozy -, elle rencontre Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères.

Enfin, en décembre 2017, le hasard monte de plusieurs crans. La trentenaire accompagne Jacques Brillant, préfet du Puy-de-Dôme, au lycée Sidoine-Apollinaire pour une conférence sur l’égalité femme/homme. Elle fait ainsi partie du « Tour de France de l’Égalité » organisé par… Marlène Schiappa.

À ce stade de probabilité pour que, sur les coups de minuit, dans une ville, au détour d’une rue, le président de la République tombe sur une Franco-Tunisienne avec un si joli pedigree, cela résulte de deux chances inouïes. Mieux : d’une succession de miracles. Un truc aussi improbable que de se faire mordre par une chauve-souris enragée, pour reprendre un sketch célèbre. Sûrement normal, quand on s’appelle Jupiter et qu’on gouverne le Ciel, la Terre et tous les êtres vivants…

Mais l’Élysée s’en défend : la rencontre entre Macron et Issaoui n’est absolument pas le fruit d’une « mise en scène ». D’ailleurs, à bord de l’avion présidentiel, Emmanuel Macron insiste encore : « Vous voyez, vous avez bien fait de vous promener, ce soir-là ! » Surtout que, ce soir-là – encore le hasard -, Jacques Brillant (cité plus haut) flemmardait dans les rues de Clermont-Ferrand avec le Président…

Un président de la République qui se la fait façon « Viens chez moi, j’habite chez une copine » et une première dame qui, en Afrique, se la joue « prof de terrain », ils font la paire tous les deux : quel théâtre !

M’enfin, quel intérêt de faire un « coup de com’ », selon Le Figaro, basé sur manifestement un coup monté qui n’avait pas lieu d’être ? Rendre le jeunot de l’Élysée dégoulinant de (fausse) spontanéité, super sympa super cool envers les « jeunes issus de la diversité », alors que ce comportement le rangerait plutôt dans la catégorie « adolescent irresponsable et attardé » ? À part prendre les Français pour des idiots, vous ne voyez pas ? Moi non plus.