Renaud Camus : Le Grand Remplacement est aussi une guerre testostéronique

Ecrivain

Fondateur du NON

Librairie
 

Que vous inspire la polémique récente autour de la Marseillaise ?

Pas grand chose. Je crois comprendre qu’il y avait là une soliste chargée d’interpréter l’hymne. Je conçois qu’on hésite à couvrir sa voix. Il ne faut pas gâcher les bons procès par les mauvais.

Les “tournées anti-racaille” dans le métro des jeunesses identitaires ont également fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. Est-ce, à votre avis, une mauvaise idée ? une bonne idée ? une fausse bonne idée ?

Alors là, j’avoue être très partagé. Notre cher Michel Cardoze s’est fait escarbigner par la majorité des lecteurs pour avoir rappelé les principes : on ne pouvait pourtant pas lui donner tort. Si tous les partis se mêlent de faire régner leur ordre, nous sommes perdus. Et qu’à la puissance publique appartienne le monopole de la violence légitime, c’est un des fondements de la civilisation. Pour avoir voyagé dans des pays où l’on peut être soumis à des contrôles ou recevoir des ordres de la part de groupes qui n’ont sur vous aucune autorité légale, je sais que rien n’est plus humiliant. Donc, qu’on en soit arrivé à la nécessité de ces “tournées anti-racailles”, c’est un signe parmi d’autres que la civilisation, ce vernis toujours si mince, si précaire, commence à lâcher, par l’effet du multiculturalisme, du pluriethnisme, de la violence intrinsèque à la conquête en cours, au changement de peuple, au Grand Remplacement.

Cela dit nos amis identitaires ne prétendent contrôler personne, ils ne donnent pas d’ordres, ils n’exercent aucune contrainte, ils ne sont pas armés, ils n’usurpent pas de fonctions de police. Ils se contentent d’être là. Le rôle qu’ils assument est purement dissuasif, défensif, rassurant, in-nocent, au sens plein : il s’agit d’empêcher la nocence. Ce n’est pas leur faute si le pouvoir remplaciste abandonne le peuple à la brutalité des colonisateurs, à cette nocence au quotidien qui est l’un des instruments de la conquête du territoire. Et ce n’est pas moi qui reprocherais à ces courageux de résister, ne serait-ce que par leur présence, par leur visibilité affichée. Nous sommes en guerre. Ils la font avec une louable délicatesse, jusqu’à présent.

27 lycées nantais ont organisé la journée « jupe et rouge à lèvres pour tous » ce vendredi pour lutter contre le sexisme. C’est la bonne méthode selon vous ?

S’il s’agit de combattre la discrimination, quel bel argument, cette imbécillité, en faveur de cette plus hautes des vertus de l’esprit ! Lycéens, battez-vous pour défendre la discrimination, toutes les discriminations, entre les sexes, entre les êtres, entre les âmes, entre les peuples, entre les cultures, entre les phrases, entre les sens : refusez la jupe et le rouge à lèvres ! (déjà, pour les filles, le rouge à lèvres, au lycée ???)

Plus sérieusement cette crétinerie sinistre est tout de même un de ces instants furtifs où de sourds mouvements de société, des ébranlements tectoniques de l’histoire, laissent paraître l’essence de leur vérité. J’ai toujours pensé que la conquête coloniale en cours, la substitution ethnique, le changement de civilisation, bref, le Grand Remplacement, était aussi une guerre testostéronique (ouf, c’est difficile à dire…), où les pauvres petits indigènes, dévirilisés par les inoculations massives de haine de soi, par les exercices de repentance perpétuelle, par l’entrelacs gulliverien des lois et règlements, et maintenant, pour couronner le tout, par la théorie du genre, partaient, d’évidence, nettement défavorisés.

Or peut-on rêver symbole plus parlant de la castration à l’œuvre dans le Grand Remplacement que cette affaire de jupe et de rouge à lèvres ? Je ne vois guère d’aussi fort, dans le genre, que l’interdiction faite aux garçons, en Suède, de pisser debout. Il s’agit toujours, pour nos maîtres, de dire aux peuples dont ils ne veulent plus : mourrez, mourrez, disparaissez, faites-vous oublier, oubliez-vous vous-mêmes, mais avant cela buvez jusqu’à la lie la coupe du ridicule et de l’humiliation.

Cet entretien vous a intéressé ?
Partagez-le sur les réseaux sociaux !

Recevez gratuitement nos articles !


Fondateur du NON

AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

Les commentaires sur cette page sont fermés.