Réforme de l'orthographe

Réforme de l’orthographe : beaucoup de bruit pour rien

 

Depuis quelques jours, on entend parler d’une réforme qui serait appliquée, et de la déconstruction de la langue française. Cette réforme a été pourtant inscrite au Journal officiel le 6 décembre 1990, et son application est donc déjà en place. D’ailleurs, les utilisateurs d’OpenOffice ou de LibreOffice ont le choix entre « uniquement l’orthographe réformée » ou « accepter les anciennes graphies ».

On entend aussi beaucoup d’inexactitudes, par exemple, le remplacement des « ph » par « f » : lors de la préparation de la réforme, plus d’une centaine de points avaient été discutés, mais seuls huit avaient été approuvés :

– le trait d’union : un certain nombre de mots remplaceront le trait d’union par la soudure (exemple : portemonnaie comme portefeuille) ;

– le pluriel des mots composés : les mots composés du type pèse-lettre suivront, au pluriel, la règle des mots simples (des pèse-lettres) ;

– l’accent circonflexe : il ne sera plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les terminaisons verbales et dans quelques mots (exemples : qu’il fût, mûr) ;

– le participe passé : il sera invariable dans le cas de « laisser » suivi d’un infinitif (exemple : elle s’est laissé mourir) ;

– mots empruntés : pour l’accentuation et le pluriel, les mots empruntés suivront les règles des mots français (exemple : un imprésario, des imprésarios) ;

– séries désaccordées : des graphies seront rendues conformes aux règles de l’écriture du français (exemple : douçâtre), ou à la cohérence d’une série précise (exemples : boursouffler comme souffler, charriot comme charrette) ;

– Les verbes en « -eler » et « -eter » : l’emploi du e accent grave pour noter le son « e ouvert » dans les verbes en « -eler » et en « -eter » est étendu à tous les verbes de ce type (sauf appeler, jeter et leurs composés) ;

– Tréma : dans les mots suivants, on place le tréma sur la voyelle qui doit être prononcée : aigüe (et dérivés, comme suraigüe, etc.), ambigüe, exigüe, contigüe, ambigüité, exigüité, contigüité, cigüe. Ces mots appliquent ainsi la règle générale : le tréma indique qu’une lettre (u) doit être prononcée (comme voyelle ou comme semi-voyelle) séparément de la lettre précédente.

Donc « éléphant » ne s’écrira pas avec un « f », et dans le cas du nénufar, il faut rappeler les propos de l’Académie française : « Mot d’origine arabo-persane. L’Académie a toujours écrit nénufar, sauf dans la huitième édition (1932-1935). » 

Cette réforme donne aussi une liste de mots qui sont individuellement corrigés, souvent pour suivre les règles déjà existantes en français ou dans des cas pour lesquels la prononciation a évolué.

Le seul scandale qui entoure cette affaire est de faire passer pour nouvelle une réforme qui était déjà dans le Bescherelle que j’utilisais au collège !

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