19 mars 2018

Réelection triomphale de Vladimir Poutine

Vladimir Poutine est réélu à la présidence de la Fédération de Russie. Sa victoire « sans surprise », comme le martèlent nos médias infiniment démocratiques et, pour le coup, pleins de dépit, est un événement considérable. C’est la preuve indiscutable de la réussite d’une ligne politique incarnée par un homme dans un pays à l’identité forte malgré son étendue et la diversité relative de sa population. En un mot, c’est la victoire du populisme, et on comprend que les oligarchies de nos démocraties vieillissantes en soient meurtries.

Or, qu’est-ce que le populisme ? C’est cette forme de démocratie qui en rappelle l’essence, à savoir la souveraineté du peuple. Que cette souveraineté soit limitée pour éviter la dictature de la majorité, l’écrasement des libertés individuelles et des minorités, correspond à un équilibre qui s’appelle l’État de droit. Dans beaucoup de démocraties libérales, la France en particulier, entre l’État de droit, dévoyé, soumis à des normes internationales, à des revendications communautaires, et la démocratie, un déséquilibre sournois s’est produit qui prive le peuple de sa souveraineté au profit d’instances supranationales et de règles qui s’imposent à la volonté populaire avec la complicité des technocrates nationaux et internationaux, souvent très ouverts aux conseils des milieux financiers.

Lorsque le général de Gaulle, à deux reprises, a rétabli la démocratie en France, en 1944 et en 1958, il l’a fait en cherchant à maintenir l’équilibre de la souveraineté populaire et de l’État de droit en respectant l’identité nationale de la France. Jean Monnet, l’homme qui parlait à l’oreille du président américain, voulait détruire de Gaulle, pour éviter, disait-il, la dictature, qui ne s’est pas produite, et pour instaurer le système que nous connaissons malheureusement aujourd’hui où un microcosme mondialiste entend mettre les États-nations entre parenthèses. Emmanuel Macron est le triomphe posthume de Monnet, comme Vladimir Poutine est, à l’évidence, le de Gaulle russe.

La Russie n’est pas la France. Elle n’a jamais vraiment connu la démocratie libérale. Elle est passé de l’autocratie tsariste à la dictature communiste en quelques mois et en pleine guerre. Après soixante-dix ans d’un totalitarisme effroyable, les Russes se sont réveillés dans un chaos fait de pauvreté et d’humiliation. Vladimir Poutine a diminué la pauvreté et il a rendu la grandeur. Il correspond logiquement à ce qu’attendait l’immense majorité du peuple russe, dont la fierté et le patriotisme constituaient ce fameux buvard dont de Gaulle disait qu’il allait boire le communisme.

Que le besoin d’un homme providentiel, que le goût de l’unité l’emportent en Russie sur les revendications minoritaires et le respect méticuleux des règles qui, ailleurs, émasculent l’action politique, voilà qui correspond à une identité qu’il faut respecter plutôt que de vouloir imposer aux Russes un système dont la réussite, chez nous, est bien compromise. La dimension du succès du président russe, élu à 76 %, devrait conduire nos dirigeants à plus de modestie et les peuples occidentaux à une plus grande défiance à l’encontre de leurs manœuvres.

Depuis des années, les États-Unis et leurs alliés ont multiplié les actions contre la Russie, alors même que celle-ci faisait preuve de bonne volonté. La tentative d’isolement menée avec le concours de l’Union européenne a consisté à retourner les anciens satellites soviétiques, y compris de vieilles provinces de l’empire des Romanov comme l’Ukraine, contre la Russie. Elle a cherché à lui interdire la Méditerranée. L’échec calamiteux de cette stratégie pèse lourdement sur l’Ukraine ou la Syrie. Les Occidentaux ont diminué l’envergure de leur offensive. Ils sont passés à la détérioration de l’image, en vue de gêner la réélection du président russe. Celui-ci, qui passe pour un grand stratège politique, faisait remarquer que l’assassinat, au Royaume-Uni, d’un espion en retraite, à la veille de l’élection présidentielle et de la Coupe du monde de football, avait peu de chances de porter sa signature.

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