Economie - Editoriaux - Politique - 15 novembre 2018

Réduction des dépenses de l’État : il va falloir encore attendre…

Nous vous parlions ici, récemment, du train de vie fastueux du cabinet d’Édouard Philippe. Christine Dalloz, rapporteur spécial de la commission des finances, dénonçait alors les effectifs pléthoriques et les dépenses qui vont avec.

Aujourd’hui, c’est le bien connu René Dosière – ancien député (apparenté PS) de l’Aisne qui s’est fait un nom dans l’épluchage des comptes publics – qui se penche sur le document budgétaire des « effectifs des cabinets ministériels ». Son examen à la loupe réserve quelques surprises.

Premier point positif : tout n’est pas si noir. Ainsi apprend-on que les effectifs sont restés à peu près stables, passant de 2.328 personnes, en 2017, à 2.366, actuellement. Bonne nouvelle, également, pour les tenants de la parité : celle-ci est, à peu près, respectée puisqu’on compte 46 % de femmes dans ces personnels. Je pense, quant à moi, que la parité est une ânerie mais, comme disait notre vieux voisin solognot : « C’est mon avis et j’la partage. »

Toutefois, si ce principe est strictement respecté au cabinet de Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes – c’est bien le moins qu’elle puisse faire –, il apparaît que « deux cabinets de ministres femmes ne comportent aucune femme. Beau contre-exemple ! » glisse Dosière. Cher René, vous en dites trop ou pas assez : on veut des noms !

Autre surprise : les effectifs affectés à la protection des ministres. Protection renforcée, voire très renforcée pour certains : 24 personnes pour Christophe Castaner à l’Intérieur, 19 pour Jean-Yves Le Drian aux Affaires étrangères, 19 également pour Florence Parly, ministre des Armées, et 12 pour le ministre de la Justice Nicole Belloubet. Les autres se contentent de deux anges gardiens attachés à leur auguste personne.

On est nettement plus étonné devant les dépenses en personnel concernant « l’intendance », à savoir cuisine et hôtellerie. Là, c’est le ministère des Armées qui arrive en tête (73 personnes !), essentiellement des militaires, nous dit-on, preuve que le « rata » s’est bien amélioré… Arrivent derrière les Affaires étrangères, où l’on reçoit beaucoup (38 personnes), puis l’Écologie (24 agents verts pour chasser le bio et cuisiner le tofu), suivie du ministère de l’Intérieur (19), de l’Éducation nationale (15), et enfin tout ce qui touche à nos finances, soit 33 personnes affectées à Bercy. On en déduira que même à la tête de l’État, il faut choisir sa cantine.

Autre particularité : « le nombre important de chauffeurs », certains ministères ayant sans doute des urgences qui nous échappent. Ainsi, la Justice et la Santé (18 chacun), histoire, sans doute, d’échapper aux voleurs et aux virus ; on en dénombre 16 à l’Agriculture : pour sillonner la campagne française ? Mais le plus étonnant, là encore, ce sont les 30 chauffeurs affectés à Bercy pour 4 ministres (7,5 par tête) et surtout 22 à l’Écologie pour 3 ministres, soit 7,33 chauffeurs chacun pour des gens qui voudraient tous nous voir circuler à vélo ou en trottinette !

Le Premier ministre, lui, ne compte à Matignon « que » 14 chauffeurs quand Manuel Valls en avait 20. En revanche, les effectifs n’ont pas baissé : 486 personnes pour faire tourner la boutique…

Reste la question des rémunérations, choquante à maints égards, dit René Dosière, même si l’augmentation est « plutôt satisfaisante au regard de l’explosion (+20,5 %) constatée l’an dernier ». Sur ce plan, une analyse détaillée laisse apparaître que « dans douze ministères, la rémunération des conseillers augmente à un rythme sans équivalent avec l’évolution salariale de la fonction publique, atteignant +26 % et même +49 %, ce qui est scandaleux au vu de la politique salariale dans la fonction publique, et alors même que les traitements de départ étaient déjà élevés ».

Conclusion : pour la réduction des dépenses de l’État, il va falloir encore attendre…

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