Editoriaux - Presse - Sport - 10 juin 2015

Recherche kermesses de fin d’année conviviales malgré plan Vigipirate !

Najat Vallaud-Belkacem l’a dit avec véhémence : elle entend bien que les kermesses de fin d’année — « ces moments de convivialité », se tiennent cette année. Découragés par les contraintes du plan Vigipirate renforcé et par les consignes spécifiques données par le ministère de l’Éducation pour ces kermesses, certains directeurs, notamment de région parisienne, avaient en effet annoncé qu’ils jetaient l’éponge.

Et n’en déplaise, à NVB, on les comprend un peu.

D’abord parce que pour la convivialité dans les écoles — au moins pour certaines d’entre elles — on repassera. Ce n’est pas — comment dire ? — une valeur en hausse. Entre professeurs découragés, parents agressifs et élèves déchaînés, l’idée d’organiser en sus une kermesse, nullement imposée par aucun règlement, ne suscite pas toujours un enthousiasme délirant. Le dévouement, oui. Le masochisme, non.

Ensuite parce qu’ils savent bien ce qu’il en est de ces « consignes » dont on ignore si elles ont valeur d’ordre ou de recommandation, et que NVB qualifie de « simple appel à la vigilance pour faire en sorte que les règles de sécurité soient respectée », ils savent bien qu’ils sont nombreux autour de lui à faire les gros bras, scregneugneu de scregneugneu, on ne va pas quand même pas céder à la peur et se laisser intimider par les terroristes, à les regarder de travers comme s’ils n’étaient que des couards doublés de tristes sires allergiques à la « convivialité », mais qu’il n’y en aura qu’un à assumer les responsabilités en cas de « problème », et ce sera bibi. Et ce moment-là ne sera pas très convivial.

Et puis parce que s’ils avaient voulu être flics, ils n’auraient pas suivi la voie de l’enseignement, pardi ! Contrôler, avec les moyens du bord, les entrées, les sorties, les contenus des sacs, jauger au pifomètre les sales gueules et celles — parfois les pires ! — auxquelles on donnerait le Bon Dieu sans confession, barricader les portes à intervalles réguliers, bref faire de leur école un Checkpoint Charlie – mais attention, un Checkpoint Charlie « convivial » -, ne les transporte pas de joie.

Enfin, parce que s’ils pouvaient le dire en face à NVB, certains ne se gêneraient pas : trop facile de leur confier le sale boulot. Que dirait-elle d’un directeur qui laisserait entrer benoîtement dans l’enceinte tel ancien élève « djihadiste » de retour de Syrie, ou ouvrirait à tous vents les deux battants donnant sur la cour de récréation sans filtrer le moins du monde la foule qui s’y presserait, tournant les talons pour aller draguer la fille animant le chamboule-tout ou s’offrir une merguez à la buvette ?

Mais n’est-ce pas pourtant ce qu’elle fait avec l’établissement « France » ?

Ses « règles de sécurité », ses « consignes », ses « simples appels à la vigilance » en période Vigipirate renforcée, ces fouilles, ces vérifications, ces fermetures à intervalle régulier, elle n’a qu’à, avec ses comparses, les pratiquer en amont, bien en amont, aux frontières non plus de l’école mais du pays. Et ces directeurs n’auront plus, alors, avec convivialité, qu’à venir à la kermesse en clown, en zèbre, en vendeur de barbapapa, ou tout simplement en directeur d’école… enfin délivrés de la mission impossible de pallier à leur ultime échelon les impérities de tout un gouvernement.

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