Editoriaux - Politique - 5 mars 2019

Raffarin soutient Macron aux européennes : la famille LR n’en finit pas de se désunir !

Encore un divorce dans la famille des Républicains ! Jean-Pierre Raffarin a annoncé, dans Le Figaro, son soutien à la liste LREM. Il se trouve à l’aise dans le projet qu’Emmanuel Macron a présenté concomitamment dans plusieurs journaux. Drôle d’époque, où l’on ne sait plus se parler directement, mais qu’on s’adresse à ses interlocuteurs par médias interposés !

Il y a longtemps que cette famille vit des scènes de ménage. L’élection présidentielle a consommé la rupture. Certains déplorent cette nouvelle division, comme l’eurodéputé Philippe Juvin, pour qui « la disparition progressive des sensibilités politiques au sein des Républicains va nous poser problème et va nous appauvrir ». D’autres, à l’instar de François-Xavier Bellamy, le premier de la liste, estiment que « la clarification était nécessaire », ajoutant qu’« il [lui] semblerait normal que [Raffarin] rejoigne LREM ».

D’autres encore, comme Valérie Pécresse, expliquent que, malgré leurs réserves, ils soutiendront la liste de leur parti, par « fidélité à cette famille », mais aussi par « amitié […] pour le trio de tête » : une façon de ne pas s’engager tout en s’engageant. Mais cette trêve ne durera que le temps de la campagne, si rien ne les fait changer d’avis d’ici le 26 mai. Le succès ou l’échec de Laurent Wauquiez déterminera s’ils prolongent ou non leur pacte de fidélité.

La « clarification » avait commencé en 2017, quand des Républicains acceptèrent d’entrer au gouvernement, quand d’autres firent défection ou créèrent un nouveau parti pour manifester leur volonté de coopérer. En ne renouvelant pas sa cotisation, Alain Juppé marquait son désaccord avec la ligne de Laurent Wauquiez et préparait, sans doute, une reconversion qui lui a été opportunément offerte. Jean-Pierre Raffarin suit le même chemin.

Comme s’il voulait ménager à la fois la chèvre et le chou, l’ancien Premier ministre assure que son soutien au chef de l’État pour les européennes n’est « pas un choix de politique intérieure » et plaide pour un « Épinay de la droite et du centre » après le scrutin. Il rêve de rassembler des personnalités aussi diverses que Gérard Larcher, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau, François Baroin, Christian Estrosi, Xavier Bertrand, Dominique Bussereau, Franck Riester, dont certains se sont déjà mis en congé des Républicains quand ils ne sont pas passés à La République en marche.

Car c’est bien là le problème. Il faut choisir le bon camp et ce n’est pas facile, actuellement, de faire un choix. Avec la crise des gilets jaunes, le grand débat qui n’en est pas un, les décisions qui seront prises ou ne seront pas prises, le résultat des européennes, les aléas sont nombreux, il est difficile de prévoir la destinée de Macron. Mieux vaut garder un pied dans chaque camp. Ce qui ne contribue pas à la clarification nécessaire. Quant à la référence au congrès d’Épinay de 1971, elle montre que Raffarin est décidément un homme du passé, qui songe en priorité aux combinaisons politiques pour un retour de la droite et du centre au pouvoir.

On devrait connaître, mercredi, les vingt premiers noms de la liste des Républicains. Dans le désordre, pour ne décourager personne, car, selon les intentions de vote actuelles, seuls neuf à treize candidats ont des chances d’être élus, y compris le trio de tête. Cela permettra de voir les dosages et les équilibres choisis par Laurent Wauquiez. En attendant, beaucoup de prétendants restent dans l’incertitude. Même François Xavier Bellamy avoue ne pas être au courant du casting. Il saura bientôt si on l’a choisi pour le renouveau de la droite ou s’il n’est que le dindon de la farce. Gageons que la famille LR n’a pas fini de se désunir !

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