Audio - Editoriaux - Internet - Musique - Politique - Radio - Santé - Table - 13 juin 2016

Radio Courtoisie, comme son nom l’indique ?

Voici vingt-huit ans, un aimable et courageux journaliste du Figaro Magazine, Jean Ferré, lançait une radio sous le beau nom de Radio Courtoisie. Cette vieille valeur française soulignait à la fois la difficulté et la possibilité (avec un peu d’écoute et d’ouverture) de faire en sorte que se rencontrent, comme il le disait, « toutes les droites sans exclusive » – Béziers avant l’heure, en somme. Projet couronné de succès puisque, aujourd’hui encore, Radio Courtoisie, qui ne reçoit pas un sou de quiconque sinon ses auditeurs, donne chaque jour la parole à toutes sortes de talents qui échappent à la pensée unique, restant ainsi la seule « radio libre » qui émette encore dans le paysage audiovisuel et disposant d’une fréquence qui, aussi fragile soit-elle, est garantie jusqu’à présent par le CSA.

Jean Ferré disparut en 2006 en désignant un successeur, Henry de Lesquen, qui apura les comptes et, par la grâce d’Internet, développa la radio jusqu’à ce qu’il se lance, voici trois mois, dans la course présidentielle et se dote d’un programme du dernier farfelu : démontage de la tour Eifel, interdiction de la « musique nègre » (c.-à-d. jazz, rock) et autres priorités du redressement de la France. À cela vinrent s’ajouter d’étranges considérations sur la santé de Simone Veil, censée prouver que les traitements des camps de concentration n’étaient pas si terribles, ou encore la mise en ligne, sur son site de campagne (où il se présente comme président de Radio Courtoisie), de crânes de différentes formes permettant au quidam de reconnaître « scientifiquement » les races humaines : caucasoïdes, congoïdes, etc.

Si l’on ajoute quelques insultes à l’endroit d’invités (tel Alain de Benoist, un de mes invités réguliers), on dressera sans peine le tableau du désastre : des auditeurs choqués ne paient plus leur cotisation, des producteurs démissionnent, des invités se dérobent (nul intellectuel ou élu dûment constitué ne voulant courir le risque de s’exprimer sur une radio que dirige quelqu’un qui, que… la machine à amalgame est connue), tandis que pleuvent plaintes et instructions judiciaires – hier, lors de la « fête de Radio Courtoisie », omniprésence d’inspecteurs de PJ aux aguets. Sur qui tire la sonnette d’alarme et prend ses distances, la sanction tombe dru : couper ! – ce qui m’est arrivé mardi 7.

Excédés par cet auto-sabotage en règle (l’autorisation du CSA n’a rien de pérenne), des producteurs ont publié samedi 11, sur Le Salon beige, un appel à Henry de Lesquen lui demandant de quitter une présidence si contestée et de faire plutôt campagne. Cet appel est signé, à l’heure où j’écris, par douze producteurs, lesquels suspendent leur collaboration. On en est là — et l’on ne peut manquer de pleurer sur les malheurs d’une union des droites, toujours nécessaire selon le scrutin uninominal que retient la Ve République, mais que la droite réputée « la plus bête du monde » s’obstine à torpiller, comme si elle ne se souciait pas plus de la France que d’une guigne.

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