Editoriaux - Médias - Santé - Société - Sport - Tribune - 18 juillet 2018

Qui veut la peau de Vincent Lambert ?

Notre jupitérien Président a, certes, raison de mettre à l’honneur un militaire tout cassé en OPEX au Mali, le caporal-chef de première classe Cabrita. Le prendre avec lui à Moscou pour assister au match, mettre en avant son grand sourire dans les vestiaires avec les joueurs, parce que, comme presque tous les Français, ce soldat blessé de partout a le droit de rêver avec les Bleus de l’équipe de France de football. Et les mots du Président-histrion sonnaient juste, cette fois-là.

Mais il est des hiérarchies dans les priorités. Dans le sport, par exemple. Quel assourdissant silence entoure le titre mondial du relais mixte de triathlon français acquis dimanche dernier à Hambourg ! Pas de tweet de félicitations ni du Président ni du ministre des Sports. Même le sous-ministre à l’Égalité femmes-hommes, qui ne recule d’habitude devant aucune occasion d’inonder la Toile de ses messages, ne s’attribue pas cette grande victoire : autant d’hommes que de femmes dans un relais mixte.

Et puis, il y a d’autres personnes cassées par la vie, mais qui ne peuvent pas donner ce beau sourire, exprimer avec des mots ce qu’ils ont sur le cœur, des joies, des souffrances, des peines. Les toubibs diront « pauci-relationnels ». Et Viviane Lambert continue de se battre pour son fils, dans les prétoires, dans les médias, partout où elle le peut. Suite à sa demande, elle a été reçue à l’Élysée, mais par deux conseillers du Président. Les doléances sont connues : que Vincent Lambert soit transféré dans un établissement qui le soigne, qui l’équipe, qui se charge de toute la rééducation dont il pourrait bénéficier. Parce que Vincent Lambert n’est pas en fin de vie. Et pourtant…

Il reste pourtant dans ce CHU de Reims. Celui qui avait cru bon de pouvoir entamer, en 2013, un protocole d’arrêt de la nutrition et de l’hydratation sans en prévenir ses parents. Celui qui souhaite recommencer aujourd’hui et ronge son frein en l’attente d’une expertise médicale qu’il espère favorable. Celui qui maintient son patient dans une sorte de geôle (et la vidéo prise en 2015 a prouvé à tous ceux qui l’ont vue que, décidément, Vincent Lambert n’était pas un condamné à brève échéance par une incurable maladie). Celui qui fait de la personne de Vincent Lambert une chose au pouvoir des médecins. Celui qui ne veut pas entendre la tribune de soixante-dix médecins et professionnels de santé spécialistes des personnes cérébro-lésées qui dénonce une euthanasie larvée. L’acharnement thérapeutique n’existe plus, vive l’acharnement euthanasique !

Bien évidement, je suis incapable de formuler ou d’envisager où est l’intérêt de Vincent Lambert, je n’ai ni les connaissances ni les compétences pour le faire. Mais il vient un moment où l’on devrait se récuser soi-même lors d’une prise de décision, parce que trop de conflits ou d’erreurs passés empêchent d’être objectif et purement rationnel. C’est ce que le CHU de Reims se refuse à faire en gardant l’otage Vincent Lambert.

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