Editoriaux - International - 21 février 2019

Qui est le candidat de Trump pour prendre la présidence de la Banque mondiale ?

David Malpass présente le CV idéal pour ce poste. Ancien membre de l’administration des présidents Reagan puis George Bush, cet homme s’est illustré dans la gestion de grandes banques américaines. Pour autant, sous ses airs de premier de la classe, David Malpass représente une véritable espérance.

Proche du président Trump, il travaille au Trésor américain, en charge plus spécifiquement des affaires étrangères. Partageant avec son complice mais pas moins président des États-Unis bon nombre de convictions, David Malpass maugrée avec ardeur contre les instances supranationales, considérées comme autant d’obstacles à la libre administration des États. Aussi, ayant fait sienne la doctrine économique d’un Donald Trump, David Malpass défend avec ferveur le protectionnisme trumpien dont les premiers résultats positifs se font sentir depuis quelques mois, que ce soit en matière de relocalisation d’entreprises américaines, de baisse du chômage, de création d’emplois nationaux ou même de bénéfices commerciaux avec l’étranger.

Aussi la candidature d’un tel homme pour une institution libérale patentée paraît incroyable. Surtout, ce qu’il faut retenir pour l’heure de cette candidature, c’est le vent d’espoir suscité car, pour la première fois, un candidat à la Banque mondiale a la possibilité d’infléchir sérieusement l’attitude transgressive de cet organisme en faisant de la souveraineté nationale non plus un simple slogan mais bien une réalité politique.

De son côté, Macron fait grise mine et, fidèle à l’esprit du traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle, il préfère proposer une candidature européenne commune à la présidence de cette institution. Encore une fois, peu importe les intérêts nationaux et européens pour Macron et Merkel, ce qui compte, c’est de faire barrage à une candidature Malpass qui pourrait bousculer la bien-pensance et la pensée unique qui sévissent en politique comme en économie. Tout le paradoxe, c’est que pendant des années, les chefs d’État européens ont tout fait pour s’émanciper du libéralisme américain pour, finalement, finir aliénés aux intérêts atlantistes. Et maintenant que l’Amérique de Donald Trump change son fusil d’épaule, il est bien risible de voir Macron et les siens freiner des quatre fers pour résister à la raison protectionniste ou, du moins, protectrice des intérêts nationaux.

Sans vouloir être trop naïfs ou trop optimistes, restons attentifs à cette candidature peu commune qui pourrait remettre en avant les intérêts nationaux. En somme, c’est un retour à la devise trumpienne « Make America Great Again » , mais appliquée, cette fois-ci, aux États qui accepteraient la ligne Trump-Malpass. Après tout, il suffit peut-être de ce titre du journal Le Monde, « David Malpass, un mauvais choix pour la Banque mondiale », pour se le rendre sympathique.

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