Ludovine de La Rochère : « La question de l’écologie de l’homme est posée »

Présidente de La Manif Pour Tous
 

La Manif pour tous vient de lancer une campagne d’affichage ayant pour but de sensibiliser le public sur la question de la PMA. Il s’agit de pointer du doigt ce paradoxe : on fixe des limites à la technologie lorsqu’il s’agit de l’environnement, des végétaux ou des animaux alors qu’on n’envisage pas d’en poser pour l’être humain.

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, s’est indignée, accusant La Manif pour tous de comparer les enfants nés de la PMA à des légumes.

Réaction de Ludovine de La Rochère au micro de Boulevard Voltaire.

Ludovine de la Rochère, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa a vu rouge lors d’une campagne de la Manif pour tous.
Elle accuse la Manif pour tous de comparer les enfants à des légumes après avoir montré une image montrant un enfant comme un organisme génétiquement modifié ?

A travers ce visuel, nous posons la question de l’utilisation de la technologie sur l’être humain.
Nous pourrions la limiter, et à juste titre, pour l’environnement, les végétaux, les animaux etc.
En revanche, nous n’envisageons pas de poser de limites pour l’être humain.
C’est la question de l’écologie de l’homme qui est posée à travers ce visuel.

Beaucoup d’associations ont réagit, comme SOS homophobie.
Nous avons l’impression que tout le monde craint que la Manif pour tous revienne sur le devant de la scène à la suite de la promesse d’Emmanuel Macron.

Marlène Schiappa est d’une mauvaise foi extraordinaire.
Elle omet de voir et de dire que sur ce visuel, il est écrit «non PMA sans père».
Cela montre évidemment que la question posée est celle de la conception délibérée d’enfants orphelins de père.
Elle essaye de victimiser en disant que la Manif pour tous compare les enfants nés par FIV ou les enfants de familles monoparentales à des légumes.
D’une part, il ne s’agit pas de comparer ce qui n’est pas comparable.
D’autres part, le sujet est précisément circonscrit et identifiable sur le visuel.
En partant de cette fausse interprétation du visuel, elle a lancé une polémique qui est évidemment reprise avec jubilation par un certain nombre d’associations dont la victimisation est l’arme principale et leur manière de procéder est d’agir.
Cela leur permet d’éviter tout débat sur ce sujet central qui est l’enfant.

J’ai cru comprendre par la lecture du Figaro que vous avez demandé à être reçue par Marlène Schiappa.
J’imagine que vous n’avez pas eu de réponse pour le moment.

Nous avons demandé à être reçus par Marlène Schiappa.
Par ailleurs, elle demande que nous retirions ce visuel, mais nous ne le retirerons pas.
Nous assumons ce visuel.
En revanche, nous nous désolons que certaines familles monoparentales ou ayant des enfants nés par PMA se sentent visées par ce visuel.
C’est le fait de l’interprétation erronée qu’en fait Marlène Schiappa. Ce n’est pas le cas à travers ce visuel.
Le sujet est bien « l’écologie de l’homme».
Pour revenir à ce rendez-vous, nous n’avons toujours pas eu de réponse, mais j’espère qu’elle acceptera. Ce serait la moindre des choses. En tout état de cause, c’est le fond qui est important et non la forme.


Certaines personnes ont vu un clin d’oeil à José Beauvais, le militant écologiste qui s’était déclaré lui aussi opposé à la PMA et à la GPA.

Nous n’avions pas pensé spécialement à José Beauvais.
En revanche, nous avons pensé très concrètement à la grande importance de l’écologie aujourd’hui, avec ses discours très présents et prégnants pour l’écologie et l’environnement.
Vous remarquerez qu’il n’y a rien pour l’homme dans ces discours.
Nous sommes typiquement confrontés à cette question-là.

Nous n’avons pas pensé à José Beauvais en particulier, mais il est vrai que de son côté il est tout à fait cohérent. Il est un des rares écologistes à reconnaître que le respect de l’écologie suppose de respecter l’homme qui est au cœur de notre environnement.
Il faut commencer par l’homme et ne pas s’en tenir simplement à notre environnement.

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