Culture - Editoriaux - Supplément - 16 janvier 2018

Querelle des féministes : l’amour, ce grand absent…

Derrière la querelle des féministes autour de l’attitude à adopter face aux harceleurs se cache un déni de réalité. Le grand absent est l’amour. Il est vrai qu’il n’y a pas d’amour chez le prédateur sexuel…. Mais où est l’amour dans la quête éperdue de la liberté sexuelle ?

Certes, il ne s’agit pas de dire que les femmes seraient responsables des actes délictueux ou criminels de leurs agresseurs… Pour autant, ne faut-il pas remettre en service la boussole de l’humain et rechercher le nord magnétique dans notre approche générale de la sexualité ?

Revenons aux sources, même si cela doit indisposer ou choquer les enfants de Mai 68… L’acte sexuel n’est que la concrétisation d’une attirance déclenchée par une flamme dont l’étincelle est d’abord un sentiment. Nous avons découvert la liberté sexuelle en défaisant les liens entre sentiment et sexualité d’une part, et entre sexualité et procréation d’autre part. La norme fut très longtemps que l’on n’avait de rapport sexuel qu’avec un être aimé, et que de cet acte allait être conçu un enfant.

La conjonction historique entre les progrès de la science et le libéralisme triomphant nous a donné les moyens de défaire ce que Dieu avait uni et, ce faisant, nous avons ouvert la « boîte de Pandore » !

La sexualité devenue un bien de consommation a libéré la femme et l’homme des contraintes physiologiques et sociales en les livrant à la violence d’un rapport de jouissance qui n’est plus qu’un lieu de séduction, de domination, d’assouvissement des instincts bestiaux de nos hormones et de nos libidos ! On a ringardisé la virginité, la retenue, le don de soi, la recherche du bien de l’autre, le dépassement de soi, la complicité, la tendresse, la fidélité… Parce que l’humain est libre, rien n’était parfait et la violence prenait parfois le dessus ; trop souvent, d’ailleurs… Là, encore, comme dans bien d’autres domaines…

Le seul remède est de refaire le lien entre ce qui n’aurait jamais dû être dénoué. Une femme qui n’est pas qu’un objet de désir, et qui ne se conçoit pas elle-même comme telle, est moins sujette à certaines agressions et sait y réagir sans être atteinte aussi intimement et violemment, même si elle ne sera jamais à l’abri des prédateurs.

Car c’est l’amour qui fait le lien et apporte le supplément d’âme ; c’est lui qui intègre l’humanité et la civilisation dans les rapports entre la femme et l’homme. L’amour est le grand absent de la guerre des ego et des sexes ! Comme s’il était devenu inaccessible ou qu’il était une incongruité. De même que la famille est le lieu d’épanouissement et de développement de l’AMOUR HUMAIN.

Il y a une vérité ontologique de l’amour et de la sexualité. Remettons de l’amour au centre de notre culture. Orientons notre quête d’épanouissement personnelle vers le nord magnétique de l’humanisme et de la civilisation. Défendons d’autres modèles que ceux dont nous tapissons nos murs médiatiques et virtuels. Redonnons aux femmes leur éminente dignité à la cheville de laquelle n’arrivent ni ces misérables prédateurs, ni ces égéries d’une libération qui n’a plus de sens, si ce n’est celui de la servitude à l’égard d’une sexualité qui nous déshumanise…

L’espace des prédateurs se réduira. Les femmes se retrouveront dans un contexte culturel assaini, sécurisé et sécurisant. Et la question se posera moins de savoir si la drague est recherche d’une relation ou le commencement d’un harcèlement…

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