Editoriaux - 5 décembre 2018

Quentin Limongi : « La nomination de Danièle Obono à la Sorbonne est un symbole très fort de cet entrisme indigéniste dans les universités françaises ! »

Le président du mouvement La Cocarde Étudiante réagit à la nomination de Danièle Obono au conseil d’administration de l’UFR de la Sorbonne

De manière générale, la gauche triomphe dans les universités. Est-ce que cette donnée pourrait changer à l’avenir ?

Si l’on parle en termes de pourcentages, le nombre d’adeptes du « gauchisme » culturel est en moyenne peu élevé hors des sites réputés « rouges » (Tolbiac, Nanterre, Rennes 2, etc). C’est l’étudiant « apolitique » qui est majoritaire, celui qui ne veut pas se « prendre la tête » et qui n’a d’autre engagement que l’organisation de soirées BDE (bureau des étudiants). En revanche oui, la gauche triomphe idéologiquement car elle est la seule qui s’exprime et milite activement sur le terrain. L’UNI est devenue une centrale à élections étudiantes qui survit encore grâce au réflexe de vote dont elle bénéficie. Mais cette association ne conteste aucunement la gauche et l’extrême-gauche sur le terrain des idées par la production de contenu, elle ose à peine s’affirmer de droite et cache son manque de courage derrière un « pragmatisme ».
Le jour n’est pas encore venu où la droite pourra prétendre exercer une influence telle que celle de la gauche sur les étudiants du Supérieur. En revanche, Ce que nous observons et encourageons avec La Cocarde étudiante, c’est un discours alternatif, désormais possible et même salvateur pour de nombreux étudiants. Les dérives sectaires de la gauche (non-mixité, mille-et-un « genres », écriture inclusive, etc) nous offrent un angle d’attaque formidable afin de proposer notre vision de l’université et plus largement de la société. L’hégémonie de la gauche sera donc encore durable, mais ce qui est nouveau et croissant c’est sa contestation.

Globalement, est-ce que le « mouvement indigéniste » est puissant ou ne serait-ce qu’un effet médiatique grossissant ?

Encore une fois, en termes d’effectifs, les bataillons « indigénistes » ne sont certainement pas bien fournis. Mais l’influence, à l’heure des réseaux sociaux et du tout-communication, ne se résume plus à la quantité de militants. La grande force des « indigènes » (expression qu’il faudrait au passage leur contester car toute leur idéologie est animée d’une haine de ces Français qui sont là depuis des siècles) est d’avoir su trouver leur place dans le logiciel intellectuel de la gauche française, et notamment de ses « élites » universitaires. Ces dernières sont imprégnées d’un marxisme revisité, où la classe oppressée n’est plus le prolétariat – rempli de fachos-beaufs – mais la « diversité » visible, autrement dit les « non-Blancs ». Ce présupposé les amène à considérer comme « oppressante » la culture occidentale, « blanche », patriarcale. Il faut la déconstruire en prétextant la « questionner » ou ne la montrer que sous le jour de ses prétendues « victimes », d’où la multiplication des colloques et travaux scientifiques sur le « décolonialisme ».
Heureusement, les agissements des « indigènes » et la complicité de leurs idiots utiles sont de plus en plus mis en lumière, en témoigne l’appel de 80 intellectuels contre le décolonialisme publié dans Le Point. Mais il n’est pas certain que cela cesse si facilement lorsque l’on constate l’ostracisation dont sont victimes les universitaires réfractaires ou seulement sceptiques devant les thèses indigénistes.

Comment accueillez-vous la nomination de Danièle Obono à la Sorbonne ?

La nomination de la députée France Insoumise au sein du conseil UFR de Science politique de Paris 1-Panthéon Sorbonne (précisons-le car Sorbonne-Université demeure encore relativement protégée des errements idéologiques de la gauche) est un symbole très fort de cet entrisme indigéniste dans l’enceinte des universités françaises. Ses liens avec le Parti des Indigènes de la République (PIR) sont avérés, et notamment avec sa figure de proue Houria Bouteldja, « théoricienne » du prétendu racisme d’État existant en France. La Cocarde Étudiante s’oppose-t-elle à la liberté d’expression comme certains le prétendent ? Non. Danièle Obono n’est pas invitée à tenir une conférence ou à débattre, mais à donner son avis sur des décisions touchant à l’enseignement universitaire et à son organisation. Elle qui voyait dans le refus d’un personnel de la RATP musulman de prendre le relais d’une femme un acte sexiste plutôt qu’un symptôme de radicalisation (« concept flou », ose-t-elle) va pouvoir prendre part aux décisions concernant la science politique dispensée à la Sorbonne ? Nous nageons en plein délire…

Entretien réalisé par Marc Eynaud

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