Fan-attitude

Quel crack, ce Mbappé !


Magistrat honoraire et président de l'Institut de la parole

 

Si je suis un impeccable sportif en chambre, il m’est arrivé parfois d’être un piètre pronostiqueur.

Kylian Mbappé est un jeune et formidable footballeur de 19 ans, en plus très sympathique et sachant s’exprimer dans un excellent français.

Il échappera, j’en suis sûr, aux modes volatiles de son univers et ses cheveux récemment peroxydés n’annonceront pas des métamorphoses ridicules à répétition. Il saura surtout, je l’espère, grâce à ses parents et à son intelligence, ne pas succomber au péché suprême pour une gloire déjà éclaboussante comme la sienne : la vanité et donc l’altération du lien avec autrui.

Comme pour justifier mon billet, il a encore été phénoménal le 20 décembre en ayant une part décisive dans la victoire du PSG contre Caen, l’excellent gardien Vercoutre ayant encaissé trois buts étant totalement « bluffé » par la vitesse de l’attaquant.

Il a tout pour faire éclater les paramètres de son sport, il était déjà 7e dans le classement du Ballon d’or et, pour le PSG, il constitue, avec Neymar et Cavani, un trio d’attaque unique, peut-être le meilleur au monde.

Pourtant, le 11 septembre 2017, j’ai publié un billet qui avait pour titre Kylian Mbappé dans le clan des puissants. »

Tout en lui reconnaissant un immense talent, je regrettais qu’il ait quitté l’équipe de Monaco pour le PSG en raison de sommes astronomiques et choquantes pour qui ne veut pas constituer l’univers du foot comme un monde à part. Je craignais que ses qualités sportives ne soient pas amplifiées dans sa nouvelle équipe mais noyées au sein d’un groupe déjà éclatant.

Sur ce plan, je me suis totalement trompé et pour l’argent qui coule à flots, c’est le Qatar qui a régalé !

Mbappé est une merveille et le voir jouer, courir, dribbler, déborder, centrer et marquer offre du bonheur à tous ceux qui se passionnent pour le football, et ils sont nombreux. Les deux sexes sont concernés. La parité fait des progrès.

D’autant plus que l’équipe de France, grâce à Didier Deschamps, n’est plus en reste. Elle permet, à des optimistes certes, de rêver d’une victoire à la prochaine Coupe du monde. Et Mbappé sera un joueur capital pour sa réussite comme il l’est aujourd’hui au PSG.

Pour le championnat de France, je suis frappé de voir à quel point son leader use ses adversaires vaillants qui tiennent le plus longtemps possible mais craquent forcément et perdent toujours à la fin. Sauf l’extraordinaire équipe de Strasbourg dont Pierre Ménès avait prédit, trop sûr de lui et sous-estimant la vigueur alsacienne, qu’elle descendrait en seconde division.

Non seulement elle se maintient au milieu du tableau, mais elle a été la seule, après un match héroïque, à faire mordre la boue au PSG – le terrain était mauvais !

Mbappé, avec Neymar et Cavani, donne des frissons à ceux qui, comme moi, soutiennent jusqu’au bout les équipes plus faibles. Il peut marquer à tout instant, le trio est infernal et décourage les défenses même les plus robustes, les moins artistes. On attend le but parce qu’il arrivera et qu’ensuite la machine parisienne s’emballera ou se contentera du minimum.

Je bats ma coulpe une seconde fois. J’ai été un analyste médiocre, et ce n’est pas parce que je ne suis pas le seul et qu’ils pullulent que cela me console.

J’espère que Kylian Mbappé me pardonnera. Je lui fais juste une prière toute simple, toute modeste. Qu’il nous fasse gagner le 14 février et le 6 mars contre le Real Madrid.

Parce qu’il est un crack, et pas moi !

Extrait de : Justice au Singulier

Magistrat honoraire et président de l'Institut de la parole

Cet article a été lu 2669 fois
Cette statistique n'est pas mise à jour en temps réel