Editoriaux - Religion - Sciences - Table - 23 mai 2013

Que Dominique Venner repose en guerre…

Sur la plupart des tombes alignées dans les cimetières de France figure l’inscription RIP (requiescat in pace). Sur celle de Dominique Venner, il sera marqué RIB (requiescat in bellum).

Il n’était pas catholique. Sinon, jamais il ne se serait donné la mort devant l’autel de Notre-Dame. Et surtout, selon l’expression consacrée, il n’était pas très catholique. Sinon, il aurait trouvé une place confortable et douillette dans la cohorte des conformistes qu’on trouve partout, y compris dans sa famille de pensée.

Aucun homme n’est réductible aux idées qu’il professe. Aucune des idées de Dominique Venner n’était mienne. Mais l’homme peut parfois échapper par son courage et sa noblesse à la gangue idéologique qui lui tient lieu d’armure. Venner aimait la France, Atlantide disparue, rêvée, idéalisée. Moi aussi. Mais, bien sûr, la belle Antinéa, reine de ce continent perdu, n’a pas pour moi le même visage que la sienne. Dominique Venner appartenait à une race d’élite. Celle des hommes qui se sacrifient pour ce à quoi ils croient. Rien à voir avec les tueurs islamistes qui se suicident uniquement pour en entraîner d’autres dans la mort. Rien à voir non plus avec des kamikazes japonais qui acceptaient de mourir pour que meurent aussi leurs adversaires américains.

Beaucoup à voir en revanche avec les moines tibétains qui s’immolent pour tenter de réveiller les consciences assoupies. Beaucoup à voir avec un Drieu La Rochelle, qui n’avait pas fait grand mal et qui a eu le courage que n’ont pas eu un Céline ou un Brasillach. Pascal disait : « Je ne crois qu’aux témoins qui se font égorger. » Une belle épitaphe pour la sépulture de Dominique Venner.

Il était un homme de guerre. Pas un chef de guerre, car solitaire. Et donc l’idée qu’il pourrait reposer en paix est, le concernant, saugrenue et stupide. Il ira là où vont les âmes tourmentées. Pas au Valhalla, un lieu assez mal fréquenté. Plutôt à Thulé, l’île mythique et mystérieuse d’où sont sortis et où vivent encore les guerriers. Pas tous aryens, je l’espère.

Dans un de ses poèmes, Heine écrit ceci : « J’appartiens à la tribu des Asra : ce sont ces Asra qui meurent quand ils aiment. » Dominique Venner était de cette tribu-là. Cette tribu-là ne connaît ni race, ni religion, ni idéologie. C’est aussi la mienne.

Cher lecteur,
Chaque jour, nous travaillons d'arrache-pied pour donner de l'information alternative gratuite et de qualité à plus d'un million et demi de personnes.
Ce travail n'existe que grâce à la générosité de citoyens qui ont à cœur de lutter contre
les mensonges du politiquement correct et de rétablir la liberté d'expression en France.
Si vous acceptez d'aider Boulevard Voltaire dans cette mission salutaire pour notre pays, s'il vous plaît cliquez sur le bouton ci-dessous :


D'avance, un grand merci !
L'équipe de Boulevard Voltaire

À lire aussi

Brésil : une bonne et une mauvaise nouvelle !

Un cycle s’achève. Pendant longtemps, le vent de l’Histoire a soufflé à gauche. Aujourd’hu…