Culture - Editoriaux - Histoire - Livres - 19 mai 2016

Quand Ségolène roule pour Hillary…

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Quand approche le temps des grandes échéances électorales (ce qui a tendance à devenir permanent dans notre vieille République), on voit fleurir aux étals des libraires des biographies « inspirées ». Elles nous rapportent l’histoire des grands hommes de l’Histoire et sont signées de politiciens (des hommes, à 99,99 %) qui rêvent eux-mêmes d’y entrer, dans l’Histoire. Bien sûr, tous ces livres sont écrits par des nègres ; plumes de talent pour l’écriture et doctorants faméliques pour la recherche. On trouve, certes, à cela quelques rares exceptions comme un Bayrou avec Henri IV ou un Darcos pour Jules Ferry, mais ils sont rares…

Ces biographies se veulent des miroirs : voyez de qui je vous parle, vous saurez qui je suis. Cf. Jack Lang, ministre de la Culture à vie, qui se rêve en François Ier ou en Laurent de Médicis : « Qu’on se le dise, la Renaissance, c’est moi ! »

Les femmes sont plus pragmatiques, ou moins ostensiblement mégalomanes. Plus ancrées dans le présent. Comme Ségolène Royal, par exemple, qui, lorsqu’elle se choisit un modèle en miroir, le prend dans le monde contemporain.

En déplacement à Washington le 5 mai dernier, elle a cru bon d’apporter son inconditionnel soutien à Hillary Clinton : « Je pense que c’est une femme courageuse, une femme extrêmement compétente, une femme persévérante, et elle sera une très grande présidente des États-Unis d’Amérique. » Tout comme elle, en somme, « femme courageuse », « extrêmement compétente », « persévérante » qui se verrait bien aussi première et « très grande présidente » de la France. Et puis elles ont tant de choses en commun, Hillary et elle : n’ont-elles pas souffert l’une et l’autre d’un compagnon volage ? Certes, François ne fumait pas le cigare, mais il a ridiculisé la France avec les mémoires salaces d’une virago avant de s’enfuir de l’Élysée en pyjama sur son scooter. Tout aussi plouc que l’ami Bill.

Les Américains se moquent bien du soutien de Ségolène Royal à la candidate démocrate. Ils ne savent pas qui est Ségolène Royal et, pour beaucoup, ne savent pas où est la France. Et si Hillary Clinton emporte la victoire – ce qui n’est pas encore gagné -, il faudra qu’elle parvienne à convaincre les femmes américaines. Qui ne l’aiment pas. Qui n’aiment pas sa raideur hautaine, son absolu manque de charisme malgré des efforts désespérés pour « avoir l’air ». Et qui, surtout, détestent son goût pour l’argent et ses accointances avec Wall Street.

Quand Donald Trump sera désigné candidat officiel par son camp – ce qui paraît, hélas, tout aussi probable -, la vraie campagne va commencer et elle sera particulièrement saignante. Surtout pour Mme Clinton. On pourra alors toujours rappeler à Ségolène Royal les déclarations de François Hollande : « Mon ennemi, c’est la finance. »

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