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Puy du Fou : quarante ans de transmission, de créativité et de gratuité

Journaliste indépendante
 

Ce vendredi, le Puy du Fou fêtait en grandes pompes ses quarante années d’existence.

De nobles chevaliers au triple galop, l’incroyable Patrouille de France, de féeriques danses sur l’eau, l’émouvant anneau de Jeanne d’Arc, de sublimes feux d’artifice, d’impressionnants parachutistes… ce sont des images qui marquent.

Mais l’âme est parfois plus touchée encore par des détails qui échappent à la préparation et, lors de cette soirée, le plus impressionnant était ailleurs : dans les larmes qui coulaient sur les visages des 4.000 bénévoles qui étaient indéniablement les héros de cet anniversaire.

Des larmes de fierté sans doute, ô combien légitimes : voilà quarante ans que cette Cinéscénie® reconnue et récompensée partout dans le monde se joue devant des millions d’yeux émerveillés grâce au temps de ces talentueux anonymes, à leurs talents, leur créativité, leur fierté retrouvée et leur passion.

Ce parc échappe à l’air si étouffant d’une époque ingrate et peu sensée. Aussi bien dans les grandes lignes d’une histoire vendéenne et française aimée sereinement et célébrée magnifiquement que dans les détails de spectacles millimétrés, d’allées incroyablement propres, d’employés exceptionnellement souriants et accueillants, de bénévoles incroyablement nombreux et fidèles… Les Villiers père et fils, créateur et président, ont rappelé les secrets du succès du Puy du Fou en insistant sur la gratuité de l’aventure. Elle se poursuit année après année parce que ses acteurs ne cessent de l’aimer, de la parfaire et de l’enrichir. Et ce vendredi, comme à chaque représentation, leur amour était étonnement contagieux.

À l’origine de ce Puy du Fou, il y a, bien sûr, l’intuition et le génie d’un homme, Philippe de Villiers. Ce vendredi, appelé à la tribune par son fils Nicolas, l’actuel président du Puy du Fou, il commence par remercier son père. Salutaire exemple de transmission…

Puis il explique cette incroyable vocation, qui mêle originellement deux volontés : payer la « dette » d’une enfance heureuse à une France aimable (cette gratitude que tout être sain éprouve normalement envers ses aïeux) et rendre justice aux trois cent mille Vendéens massacrés, voilà deux cents ans, parce qu’ils refusaient de soumettre leurs âmes et leurs consciences.
Ils trouvent enfin, aujourd’hui, une sépulture par le sourire et les larmes de fierté de tous ces arrière-petits-enfants qui rejouent inlassablement l’histoire de cette famille vendéenne à travers les âges.

La journée fut réellement extra-ordinaire : une sorte d’ode à une région autant qu’une incroyable preuve d’amour aussi naturelle que décomplexée à un pays, qui, au Puy du Fou, refuse clairement de mourir ou de se laisser noyer dans un monde où tout serait marchandé.

« Liberté, j’écrirai ton nom », déclame une voix pénétrante au terme de la journée… La France peut dire merci. Elle dont on cherche si souvent l’âme en ces temps troublés trouve indéniablement un refuge dans cet arrière-pays vendéen.

La cérémonie s’est terminée, une fois de plus, par les applaudissements nourris d’un public debout. Mais le parc et la Cinéscénie® continuent à accueillir les visiteurs… Un seul conseil : précipitez-vous.

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