« Puigdemont poursuit sa logique victimiste »

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont a été arrêté dimanche en Allemagne, dénonçant un piège tendu par l’Espagne à la Catalogne. Le journaliste espagnol José Maria Ballester décrypte ces propos et analyse la situation politique en Catalogne suite à cette arrestation.

Carlos Puigdemont, le leader catalan a été arrêté. Il dénonce un piège tendu par l’Espagne à la Catalogne.
Qu’en est-il exactement ?

« Il poursuit sa logique victimiste, mais la réalité est tout autre.
Lorsqu’il a quitté l’Espagne clandestinement le 30 octobre dernier pour se réfugier en Belgique, l’Espagne avait déjà lancé un mandat d’arrêt européen. Quelques semaines plus tard, ce mandat d’arrêt avait été retiré pour des raisons tactiques et avait été relancé la semaine dernière.
Il donnait une conférence à Helsinki vendredi dernier.
Pour rentrer à Waterloo près de Bruxelles où il était installé, il a traversé la Finlande, la Suède et le Danemark. Il a ensuite été accueilli à 30 km de la frontière danoise en territoire allemand et son périple s’est mal fini.
Il parle de piège, alors qu’il avait dit à Helsinki qu’il était à la disposition de la justice espagnole. »


50.000 personnes ont manifesté leur soutien à Puigdemont à Barcelone.
Est-il à craindre que les mouvements de contestation urbaine recommencent en Catalogne ?

« Il faut bien faire attention aux chiffres avancés. 50.000, c’est le chiffre donné par les indépendantistes.
Il est vrai que des secteurs indépendantistes sont très agités et sont prêts à aller jusqu’au bout. Un collaborateur d’une chaîne indépendantiste a d’ailleurs dit samedi dernier « pour faire la République, il faudra des sangs et des morts ».
Il y a donc en effet un risque d’y avoir des incidents isolés violents.
Ceci dit, si l’Allemagne extrade monsieur Puigdemont vers l’Espagne dans les prochains jours en retenant les mêmes charges que la justice espagnole, cela risque d’être un coup de grâce pour le mouvement indépendantiste. En revanche, si la justice allemande ne l’extrade pas ou modifie les charges de la justice espagnole, cela risque d’être embarrassant pour le gouvernement de monsieur Rajoy. »


Où en est la situation politique de la Catalogne depuis l’arrestation de monsieur Puigdemont ?

« Les élections ont eu lieu le 21 décembre. Nous sommes le 26 mars. Il n’y a toujours pas de gouvernement. La raison est que l’extrême gauche indépendantiste ne voulait pas investir monsieur Puigdemont. Elle n’a pas voulu non plus former un gouvernement avec d’autres formations indépendantistes.
Mais il est probable que l’arrestation de monsieur Puigdemont change la donne. »

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