Procès WikiLeaks : sauvons mademoiselle Manning !

« Ne m’appelez plus que Chelsea ! » C’est ce que vient de demander, à la stupéfaction générale, le soldat américain Bradley Manning, au lendemain de sa condamnation à 35 ans de prison pour avoir fourni au site Internet WikiLeaks des milliers de documents secrets. Dans une lettre lue par son avocat sur la chaîne NBC, il a fait savoir que pour cette nouvelle phase de sa vie, il était désormais une femme.

Un scénario loufoque comme on en trouvait autrefois dans quelques films désopilants intitulés Un poisson nommé Wanda ou Certains l’aiment chaud. OK Chelsea, personne n’est parfait. Sauf que là, gare au premier qui rigole. Tout le monde prend ça très au sérieux. Et n’imagine même pas une minute – quelle idée transphobe – que cette révélation pourrait être une trouvaille géniale de l’avocat de Manning pour assurer la défense de son client.

Car autant vous dire que, pour la justice américaine, c’est un sacré bobinard, la prison militaire de Fort Leavenworth, au Kansas, dans laquelle Bradley-Chelsea est incarcéré, ne fournissant pas le traitement hormonal demandé par le condamné. Et puis, je ne veux rien dire, mais on ne va tout de même pas laisser une jeune donzelle, fût-elle virtuelle, continuer à cohabiter avec ces brutes tatouées, surtout à l’heure de la douche ?

Manning et son avocat ont trouvé là – merci le gender – une faille sans précédent dans le système judiciaire américain, et même international. Imaginez qu’une épidémie de coming out se propage dans nos prisons, et que d’un coup une foultitude de délinquants se découvre un sexe intérieur différent, un petit cœur de jeune fille palpitant sous une poitrine plate et velue. Les capacités de prison pour femmes étant très limitées – rien de moins soumis à la parité que l’univers carcéral –, le problème risque de devenir très vite insoluble.

Quoi qu’il en soit, c’est une drôlement bonne idée et on se demande pourquoi personne n’y a pensé avant. Si DSK, fort de son prénom polyvalent, avait plaidé dans ce sens, chacun aurait compris que tout ce qu’il a empoigné de Nafissatou dans cette fameuse chambre du Sofitel, c’est son aspirateur, pour le passer à sa place, pris d’une irrépressible pulsion ménagère toute féminine.

Moi-même, sur les aires d’autoroute, lorsque j’attends depuis vingt minutes derrière un contingent de Polonaises qui n’a visiblement pas fait de pause depuis la montée dans le bus à Varsovie et que je vois l’autre file, du côté du pictogramme en pantalon, parfaitement vide – la fréquentation des WC de station-service est aussi peu paritaire que celle des prisons, mais dans des proportions inversées –, me prend d’un coup l’envie de me faire appeler Jean-Pierre.

Et je ne vous parle pas des pov’ gars des tranchées de Verdun. Ne se bousculeraient pas comme ça sur les monuments aux morts s’ils avaient sorti le joker du soldat Manning. Émile et Louis, alias Marie et Victorine, auraient rebroussé chemin illico, forts de l’exemption inhérente au sexe faible. Tant pis, hein, pour l’Alsace et la Lorraine.

Cela s’appelle le droit inaliénable à décider de son sexe, et la plaisanterie ne fait que commencer. Et au fait, pour Chelsea, il faut dire « madame » ou « mademoiselle » ?

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