Débat TV présidentiel

Le problème, décidément, c’est la démocratie

Voyageur
 

L’exercice nouveau auquel se sont livrés BFM TV, CNews, Dailymotion et RMC Info est terrifiant. L’égalité démocratique entre une potentielle Madame Pol Pot qui – de son propre aveu répété mille fois – « ne veut pas unir les Français » et des personnalités à tout le moins respectables même lorsqu’on est en totale divergence avec leurs opinions a quelque chose d’affolant. Le micro ouvert et les sourires complaisants offerts à un gars en tee-shirt – là n’est pas le problème – venu vomir l’idée même de « Français », de « France », et tout ce qui fait notre identité, à côté de certains candidats sincèrement pétris de l’amour de notre histoire, de notre pays… c’est dégoûtant.

Donner la parole à des fous furieux, par la déification d’une certaine idée jusqu’au-boutiste de la démocratie, n’a rien de vraiment attirant, excitant, intéressant, rafraîchissant.

Et le pire, c’est que ça fonctionnera forcément. Le pire, c’est qu’il est possible que les deux dangereux maniaques cités plus haut auront élargi la base de leur « électorat » par le simple effet de loupe offert par ce média magique qu’est la télévision.

Une impression diffuse reste pourtant comme un drôle de goût dans la bouche : le conglomérat, l’assemblage de ces candidats, la compression de César de leurs idées, de leur volonté, ça ferait un sacré Président !

L’expérience et le calme de Fillon, le talent de tribun de Mélenchon, l’obsession du petit peuple opprimé d’Arthaud, le Frexit d’Asselineau, la jeunesse de Macron, l’humour de Hamon, la testostérone de Le Pen, la simplicité de Poutou, l’amour du pays et de son Histoire chez Lassalle, l’envie de dégagement des puissances financières de Cheminade et enfin le gaullisme de Dupont-Aignan, tout ceci en un seul homme, ça en aurait, de la gueule !

Le problème, c’est que ce n’est pas comme ça que ça marche. Le problème, c’est qu’un tel débat ne va faire que compliquer encore un peu plus le choix des Français dans l’isoloir. Le problème, c’est que des simples d’esprit ont pu en convaincre d’autres ce soir.

Le problème, décidément, c’est la démocratie.

Vive le roi !

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