« La priorité de Simone Veil était la santé des femmes, pas l’avortement généralisé »

Émile Duport a créé un site sur Simone Veil pour rétablir la vérité sur la loi Veil et dénoncer les récupérations de sa figure par les tenants de l’idéologie pro-avortement. Simone Veil voulait protéger la santé des femmes et n’a jamais milité pour un droit généralisé à l’avortement. Elle a visiblement déploré les multiples dérives qui ont suivi sa loi.

Il y a quelques jours, au moment de la mort de Simone Veil, vous sortiez un visuel avec le visage de Simone Veil. Celui-ci est redirigé sur un site internet sur lequel vous revenez sur la vie de Simone Veil. Vous y traitez également des évolutions de la loi Veil.
Quel était le but initial de ce site internet ?

Beaucoup de gens parlent de la loi Veil quand ils veulent parler de l’avortement. Or les choses sont déconnectées, car l’environnement légal de l’avortement n’a plus rien avoir avec la loi Veil qui a été modifiée de nombreuses fois.
Nous sommes vraiment très très loin de l’esprit initial que Simone Veil avait voulu donné à cette loi.
L’idée de ce site est de faire un travail de pédagogie politique en expliquant aux Français qu’ils ne sont plus sous la loi Veil.

Certains vous ont accusé d’instrumentaliser sa mort ou même de ne pas la respecter le jour de son enterrement.
Que leur répondez-vous ?

On a le sentiment que Simone Veil est plutôt récupérée par les gens qui veulent lui faire dire des choses qu’elle n’avait jamais dites.
On en fait une icône du féminisme.
On en fait une défenseur du droit d’avorter.
Simone Veil n’a jamais défendu un droit d’avorter, elle a défendu une disposition légale pour préserver la santé des femmes.
A ce titre, il me semble qu’on lui rend plutôt hommage en rétablissant la vérité sur ce qu’elle a toujours défendu.
Le fait de le faire le jour de ses obsèques a particulièrement du sens, dans la mesure où il y a un contexte médiatique qui s’intéresse particulièrement à ce sujet.
Au contraire, l’idée est de faire en sorte que Simone Veil ne soit pas récupérée par des gens qui voudraient promouvoir l’avortement comme un droit des femmes et comme un brevet de féministe.

Aujourd’hui vous dites qu’il faut respecter sa mémoire et revenir à ce qu’elle avait décidé en 75.

Oui, c’est cela.
L’idée est de dire: « Qu’est-ce que Simone Veil a voulu incarner ? »
Selon les déclarations officielles, on a deux certitudes que l’on peut prouver.
La première est que la loi n’existe plus.
Et la seconde est que le moteur de Simone Veil était de préserver la santé des femmes qui avaient recours à l’avortement de manière illégale.
Cela mettait en danger leur santé
Grâce à des études provenant des services de santé publique des états européens, on vient simplement dire aujourd’hui que la santé des femmes s’est dégradée avec la légalisation générale de l’avortement.
Une question se pose.
La légalisation de l’avortement est-elle véritablement un progrès alors qu’on prouve par A+B qu’aujourd’hui la santé des femmes est menacée par l’avortement ?
C’est un vrai paradoxe.
L’idée de ce dont on nous accuse derrière cette récupération, c’est tout simplement de faire la lumière sur un sujet que plus personne ne veut plus évoquer et d’utiliser pour cela une égérie forcée qu’on a cloitrée chez elle.
On a toujours refusé de l’entendre sur ce sujet-là.
On n’a pas cherché quel était le point de vue de Simone Veil sur l’avortement.
En revanche, beaucoup d’étudiants l’ont entendu dans les amphis d’université ou dans les écoles de commerces dans lesquelles elle se déplaçait. Elle disait qu’elle regrettait l’évolution et la tournure qu’avait pris l’avortement.
Ils savent très bien que la vérité est de notre côté et que notre approche est parfaitement rationnelle.
Elle n’est pas du tout à des fins de propagande.
Il s’agit bien de dire la vérité et de faire en sorte que sur le territoire numérique, on n’impose pas aux gens de dire n’importe quoi, sur n’importe qui.

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